ESSENTIEL

À quoi sert l’iode ?

L’iode est un oligo-élément indispensable à la synthèse des hormones thyroïdiennes T3 et T4. Mais son rôle dépasse largement la thyroïde :

  • Cerveau : développement cognitif, mémoire, concentration. Une carence prénatale abaisse irréversiblement le QI.
  • Tissu mammaire : les seins concentrent l’iode ; un déficit favorise kystes, fibromes et cancers.
  • Estomac : protection de la muqueuse gastrique.
  • Peau et phanères : hydratation, cheveux, ongles.
  • Système immunitaire : effet antibactérien, antiviral.
  • Appareil génital : fertilité, santé ovarienne et prostatique.

L’iode est également un antioxydant et un antiseptique naturel utilisé depuis des siècles.

“La meilleure preuve : carencez un adulte en iode, il est tout de suite déprimé, avec des troubles du sommeil et de la mémoire.” — Dr Vincent Reliquet

Pourquoi sommes-nous carencés ?

Plusieurs facteurs se conjuguent :

Sols appauvris – lessivés par les pluies, loin des côtes.
Alimentation pauvre – peu de fruits de mer, d’algues.
Baisse du lait iodé – moins de bétadine sur les trayons.
Végétalisation – régimes sans produits animaux ni sel iodé.
Antinutriments – thiocyanates (tabac, manioc) bloquent l’iode.
Fluor et brome – halogènes compétiteurs qui prennent la place.

À cela s’ajoute la peur irrationnelle de l’iode instillée depuis les années 1950 (effet Wolff-Chaikoff mal interprété), qui a conduit à son retrait de nombreux aliments industriels.

Symptômes de carence

Installation souvent silencieuse

Beaucoup vivent avec une carence sans s’en rendre compte, car ils ont toujours connu cet état. L’interrogatoire approfondi révèle les signes.

Généraux

  • Fatigue chronique, surtout matinale (« impossibilité de démarrer avant 11h »).
  • Frilosité, extrémités froides.
  • Constipation, métabolisme lent, prise de poids.

Neurologiques et psychiques

  • Brouillard mental, troubles de la mémoire, difficulté de concentration.
  • Dépression, irritabilité, anxiété.
  • Chez l’enfant : retards d’apprentissage, QI plus bas (études PISA).

Spécifiques aux femmes

  • Seins douloureux, kystes, mastopathies.
  • Syndrome prémenstruel sévère, infertilité.
  • Dépression post-partum (carence aggravée par la grossesse).

Autres signes

  • Peau sèche, cheveux ternes et cassants, ongles striés.
  • Goitre (augmentation du volume de la thyroïde) – signe tardif.
  • Immunité faible, infections à répétition.

Diagnostic : l’iodurie des 24h

Le dosage de l’iode dans le sang est inutile (instable). L’examen de référence est l’iodurie des 24 heures : on recueille toutes les urines d’une journée pour mesurer la quantité d’iode excrétée.

Iodurie / 24hInterprétation
< 50 µgCarence sévère (symptômes marqués, risques majeurs)
50 – 150 µgCarence modérée (peu de signes, mais fragilité)
150 – 300 µgStatut correct selon OMS… mais insuffisant pour une santé optimale
> 300 µgBon statut (comme au Japon, avec des apports en mg)

Attention : Les recommandations OMS (150 µg/j) ne visent qu’à prévenir le goitre visible, pas à garantir la pleine santé. Un apport optimal se situe entre 1 et 50 mg par jour selon les besoins (état de santé, grossesse, sport…).

Le test coûte environ 35 € (non remboursé). On peut le demander sans ordonnance.

Conséquences à long terme

  • Cancers hormonodépendants : sein, prostate, thyroïde, ovaire. L’iode protège par apoptose des cellules anormales.
  • Pathologies cardiovasculaires : athérosclérose, hypertension (via dérégulation thyroïdienne).
  • Infertilité et complications obstétricales : fausses couches, prématurité, retard de croissance intra-utérin.
  • Crétinisme endémique : dans les formes les plus graves (heureusement rares aujourd’hui).
  • Maladies auto-immunes : thyroïdite de Hashimoto favorisée par la carence.
“Les femmes qui ont de grosses carences en iode et à qui on donne des hormones thyroïdiennes sans iode ont plus de cancer du sein.” — Dr Reliquet

Qui est le plus exposé ?

  • Femmes enceintes et allaitantes – besoins doublés (300-500 µg/j minimum).
  • Nourrissons et enfants – surtout ceux nourris avec laits végétaux (zéro iode).
  • Végétaliens – absence de produits laitiers, œufs, poisson.
  • Sportifs – pertes sudorales, métabolisme accru.
  • Personnes vivant loin des côtes – régions montagneuses (Alpes, Pyrénées, Massif Central).
  • Utilisateurs de fluor (dentifrice, eau) – compétition avec l’iode.
  • Pompiers, militaires – exposés au brome (retardateurs de flamme).

Comment se supplémenter ?

Les formes les plus efficaces :

  • Lugol (solution liquide iode + iodure) – 1 goutte = environ 2,5 mg d’iode. Peut tacher les dents et irriter l’estomac.
  • Iodoral (comprimé gastro-résistant) – copie du Lugol, mieux toléré.
  • Iodizyme (version générique de l’Iodoral).
  • Algues (kelp, kombu) – dosage imprécis, risque de métaux lourds.

Doses usuelles

  • Prévention / bien-être : 1 à 5 mg/jour (soit 1 à 2 gouttes de Lugol 1% ou 1 comprimé Iodoral).
  • Carence avérée / symptômes : 12,5 à 25 mg/jour pendant quelques mois, puis dose d’entretien.
  • Femme enceinte / allaitante : 12,5 mg/jour.
  • Nourrisson (sevré, sans lait) : 0,2 mg/kg/jour (soit environ 1 mg pour 5 kg).

L’iode en excès est éliminé dans les urines ; la toxicité est quasi nulle (pas de limite supérieure de sécurité connue).

Synergie : toujours accompagner l’iode de sélénium (2 noix du Brésil/jour) et de magnésium (carence chez 80% de la population). Le magnésium améliore l’humeur, le sommeil et potentialise l’action thyroïdienne.

L’histoire de la peur de l’iode

En 1948, les chercheurs Wolf et Chaikoff publient une étude sur des rats : une injection massive d’iode supprime temporairement la synthèse des hormones thyroïdiennes (effet Wolff-Chaikoff). Ce phénomène est physiologique et transitoire (échappement). Pourtant, il a été interprété comme une preuve de la « toxicité » de l’iode.

Conséquence : dans les années 1950, les industriels retirent l’iode des farines (aux États-Unis) et le remplacent par du brome, un cancérigène. En Europe, les suppléments d’iode sont limités à 150 µg (dose homéopathique).

Pourtant, avant 1950, l’iode était utilisé couramment à des doses de plusieurs centaines de mg pour traiter asthme, bronchites, infections, goitres, etc. Les données historiques et les pratiques au Japon (consommation de 1 à 50 mg/j via algues) prouvent l’innocuité de ces doses.

Brome, fluor : les voleurs d’iode

Le brome (retardateur de flamme dans les meubles, textiles, plastiques) et le fluor (dentifrice, eau du robinet dans certains pays) sont des halogènes qui entrent en compétition avec l’iode pour se fixer sur les récepteurs cellulaires. En l’absence d’iode, ils prennent sa place et perturbent les fonctions thyroïdiennes, cérébrales et mammaires.

  • Le brome est un neurotoxique et cancérigène.
  • Le fluor abaisse le QI des enfants (études de l’Université Harvard).
  • Les pompiers, exposés aux fumées bromées, ont des taux élevés de cancers.

Une supplémentation en iode permet de déplacer ces halogènes toxiques (par compétition) et de les éliminer dans les urines.


Pour approfondir

NIH – Iodine Fact Sheet · Global Iodine Network · Recommandations OMS · Vidal – Iode

Consultation spécialiste en médecine générale – Dr Moatassime, 115 bd de Lamballe, 45400 Fleury-les-Aubrais – 02 38 84 38 75