🌿 Introduction – retour sur les épisodes 1 et 2

Bonjour à toutes et à tous. C’est un véritable plaisir de vous retrouver pour la suite de notre aventure en terre hormonale, la troisième vidéo de cette série.

Vous l’avez vu, on a produit une première vidéo qui était une vision générale : de quoi parle-t-on quand on parle de système hormonal ? On a vu que c’était d’abord et avant tout un système de communication chimique dans le corps, essentiel, et toutes les prérogatives qui tenaient à ce système.

La deuxième vidéo, j’ai été vraiment ravi de l’accueil que vous lui avez fait parce que c’était une vidéo pas facile, longue, fouillée, qui ne va pas obligatoirement dans le sens du moment. On abordait la question alimentaire d’un point de vue hormonal. Le mode se caractérise par des modes alimentaires. Quand j’ai commencé ces vidéos en 2010-2011, c’était la mode du tout fruit, du high carb, tout le monde mangeait des sucres. Si tu osais dire que tu mangeais des graisses, on te disait “fat make you fat”. La graisse te rend gros. Ce à quoi moi j’avais répondu : “Mais à ce moment-là, le jus de betterave te rend violet, la carotte te rend orange.” Enfin voilà, ça n’a aucun sens. Mais à l’époque, on rasait les murs si on consommait autre chose que des fruits, des céréales. C’était très végan, végétalien.

Et puis retour de bâton obligatoirement, parce que ce mode excluant les graisses et une bonne partie des protéines, les gens sont arrivés au bout donc ils se sont crachés. Donc qu’est-ce qu’ils ont fait ? Ils sont partis dans l’exact inverse, et actuellement la mode est à l’exclusion des sucres. On dit que les sucres sont responsables de tous les maux. On entend des gens dire que le fonctionnement normal du corps humain, c’est de se passer de sucre. Autant de choses absolument inexactes sur le plan physiologique. Mais c’est toujours pareil parce que l’approche alimentaire est religieuse, dogmatique, idéologique. Et donc chacun et puis il y a des gens pour alimenter ça parce que c’est une question de business, de d’image médiatique.

Je vous prédis que dans quelques années, on va avoir un retour de bâton et à nouveau ce sera le high carb. Pourquoi ? Parce que ceux qui se sont abîmés dans le car qui sont partis dans le fat et qui vont s’abîmer dans le high fat. L’exclusion à long terme de macronutriment est une aberration sur le plan évolutif, une aberration sur le plan physiologique parce qu’elle demande au corps un effort adaptatif supplémentaire. Ce n’est pas parce que le corps sait produire des sucres ou sait produire des graisses qu’il faut l’obliger à le faire. Ce sont des mécanismes de survie.

Cette vidéo n’était absolument pas pour jeter la pierre sur des cures ponctuelles qui peuvent avoir tout leur sens et qui ont démontré leur efficacité : cures de cétose, cures de gras, etc. Ça marche. Les gens me disent “Ouais, mais moi ça marche.” Mais oui, bien sûr ça marche. Mais ça marche sur quelques mois, une année, deux années, trois années. Mais de là à sortir des idéologies qui tendent à prouver que c’est le fonctionnement normal de l’être humain, physiologiquement ça ne tient pas la route. D’un point de vue évolutif, l’humain a toujours eu une démarche d’élargissement de sa palette alimentaire et non pas de refermement.

J’ai été très content que vous soyez autant sensibles dans cette vidéo à la dimension sensorielle. La dimension sensorielle, c’est celle qui nous dit qu’il est impossible d’exclure un macronutriment parce que tes besoins physiologiques s’expriment au travers de tes sens, de la dimension sensorielle de notre perception. Si un moment il te guide vers des fruits et que tu te dis “Ah non je peux pas, j’ai dépassé mon quota”, ou “je suis carnivore”, ça ne marche pas. D’un côté, il y a la contrainte qui vient de la peur et du besoin de se rassurer. On pose un cadre et on pense que quand on est dans ce cadre, on est bien. Et de l’autre côté, il y a la liberté. Avec cette espèce d’abîme géant devant nous. Comment je vais faire ? On fait nos petits pas, on avance à tâtons, on teste, on fait des erreurs, et l’erreur fait partie du processus inhérent d’apprentissage. Et puis petit à petit, on retrouve son autonomie et sa liberté, et on n’est plus victime de ces modes alimentaires qui se cassent la gueule les unes après les autres pour se renouveler avec leurs nouveaux gourous.

Donc ça, c’était l’épisode 2, un épisode exigeant, et j’ai été vraiment ravi de l’accueil que vous avez fait pour cette vidéo, avec un gros document PDF qui l’accompagnait. Je sais que vous l’avez beaucoup apprécié.

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📌 La série thyroïde en trois volets

On continue notre aventure et je vous avais promis que la première des glandes à laquelle on allait s’intéresser dans ce système glandulaire, c’est une glande toute petite et pourtant dont on parle beaucoup, et qui réalise énormément de fonctions dans l’organisme : la glande thyroïde.

Cette première vidéo sur la glande thyroïde — je dis première parce qu’il va y avoir trois vidéos sur la glande thyroïde — le sujet est tellement riche et vaste qu’il m’a demandé un développement en trois vidéos. Je commence par la thyroïde parce que un des médicaments pour traiter — là pareil je mets des guillemets partout — pour traiter l’hypothyroïdie, qui s’appelle Lévothyrox, fait partie des médicaments les plus prescrits en France. Donc je me suis dit que ça doit concerner quand même beaucoup de monde.

La logique dominante à laquelle on fait face est toujours la même : on substitue. “Ah, tu produis pas assez d’hormone thyroïdienne ? Ben alors tu produis pas assez — on va voir parce que c’est beaucoup plus complexe que ça — mais voilà, tu as des marqueurs qui signaleraient une forme d’hypothyroïdie.” Là encore, on va développer comment est-ce qu’on évalue, qu’est-ce qu’on évalue exactement. On substitue. Si vous suivez ces vidéos, vous savez très bien le discours : toute fonction à laquelle on supplée est une fonction qui s’atrophie. Si tu prends un système électrique pour te déplacer au lieu de marcher, ta fonction motrice s’atrophie. Les lunettes, par exemple : quand tu commences à mettre des lunettes, clairement ça ne va pas dans le sens de l’amélioration de la vision. Ça peut être un soutien ponctuel mais il faut savoir que ce n’est pas ça qui va t’aider à retrouver la vue. Si en parallèle tu ne fais pas autre chose, on pourrait décliner ça à l’infini. Au niveau de tous les organes, c’est pareil. Chaque fois qu’on supplée à une fonction, l’organisme dit “On le fait pour moi.” Tu vas me dire “Oui mais bon, il y avait déjà une hypothyroïdie.” On en reparlera. Mais ce que je te dis, c’est qu’à partir du moment où tu supplées, ça ne peut que s’aggraver.

Donc la logique dominante, c’est substituer et sans jamais questionner la cause. On va essayer de faire autrement.

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🧬 La thyroïde traduit, elle n’est pas malade

La thèse essentielle de cette première vidéo sur la thyroïde — la troisième du cycle sur le système hormonal — c’est globalement de dire qu’on va avoir une vision très systémique. Globalement, la thyroïde, la plupart du temps, n’a pas de problème. C’est autre chose en amont ou en aval qui va être en carence, en défaut, en difficulté.

On va parler de la conversion de la T4 en T3, on va voir toutes les conditions qui président à ça, et les chirurgies d’ablation de la thyroïde qui font qu’ensuite tu es totalement dépendant d’un apport exogène d’hormones thyroïdiennes — parce qu’on verra que ces hormones thyroïdiennes sont essentielles au fonctionnement de l’organisme, donc on ne peut pas s’en passer. On verra qu’elles sont très lourdes de conséquences et souvent pratiquées pour de mauvaises raisons. On pourrait faire vraiment autrement.

La thyroïde n’est presque jamais malade en elle-même. Elle traduit l’état du terrain. Voilà, c’est la thèse principale.

Comme toujours, il y a un gros document PDF que vous pouvez télécharger en cliquant sous la vidéo — 52 pages, c’est du costaud. Il y en aura trois comme ça, trois documents de entre 40 et 60 pages, ça vous fait l’équivalent d’un livre qu’on vous offre. Il y en aura pour chaque épisode. Vraiment, il y a de quoi bosser, il y a de quoi comprendre.

Vous connaissez la démarche Régénère : ce n’est pas de vous prendre pour des gens stupides, bien au contraire. On est tous capables de comprendre, on est tous capables d’intelligence à partir du moment où on ne s’adresse pas à nous avec des termes abscons et dans un langage ésotérique pour nous tenir à l’extérieur. Régénère, c’est totalement différent. Régénère, c’est un projet basé sur la responsabilité, l’autonomie et la liberté. Donc évidemment, tout est disponible gratuitement. Ce n’est pas un manuel pour les étudiants en médecine — quoi que peut-être qu’il y en a qui apprendraient quelques trucs dedans — ce n’est même pas obligatoirement un manuel pour les naturopathes, quoi que je sais qu’il y a beaucoup de naturopathes qui s’en inspirent.

Diffusez-le, il n’y a pas de droit là-dessus. Je suis ravi si ça vous aide. Je sais qu’il y a pas mal d’étudiants en naturopathie qui nous ont écrit pour nous dire que ça les aide pour leurs révisions. Tant mieux, c’est génial ! Diffusez-le, partagez-le avec vos patients, imprimez-le dans votre salle d’attente. Allez-y, c’est donné, c’est partagé, ça ne m’appartient pas, ça n’appartient pas à Régénère.

Ce document et notre travail sur la thyroïde vont être structurés en trois parties :

  • Partie 1 (aujourd’hui) : comprendre de quoi on parle — qu’est-ce que c’est que la glande thyroïde, quelles hormones elle produit, comment ça se passe la conversion de ces hormones en T4, T3, etc.
  • Partie 2 (prochaine vidéo) : tous les dérèglements thyroïdiens — hypothyroïdie, hyperthyroïdie, nodules thyroïdiens, ablations de thyroïdes, pourquoi elles sont pratiquées, quelles en sont les conséquences.
  • Partie 3 : d’un point de vue purement hygiéniste, régénère, naturopathique, toutes les stratégies de restauration qu’on peut avoir pour la glande thyroïde.

Cette première partie, l’idée c’est vraiment de poser les bases physiologiques. Une première partie qui risque d’être un peu longue — je risque de la tourner en deux trois fois, donc vous m’excuserez s’il y a des coupures et des changements de décor.

Au programme : anatomie de la thyroïde, axes de fonctionnement de la thyroïde, conversion, question de l’iode, et des définitions pour poser le socle commun sur lequel on va pouvoir se fonder pour réfléchir à tous les dérèglements.

Installez-vous bien. Je pense qu’on est parti pour 1h, 1h30 minimum. C’est parti à la découverte de cette toute petite glande dont on parle pourtant énormément.

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🔬 Anatomie et follicule thyroïdien

On en parle beaucoup de cette glande thyroïde, et pourtant il faut vraiment réaliser que c’est une toute petite glande. Elle a une forme de papillon ou une forme de hache, et elle se situe devant la trachée, juste sous le larynx. Elle pèse entre 15 et 25 grammes. C’est surprenant de voir à quel point ces glandes sont de toute petite taille. Des fois 5g, 10g, 15g. On verra quand on parlera des surrénales — un crash des surrénales, c’est extrêmement lourd de conséquences dans une vie, mais ce sont des toutes petites glandes : quelques dizaines de grammes. Il y a un effet démultiplicateur dont je vous avais parlé avec l’insuline : une hormone qui vient se fixer à des récepteurs, qui vont produire des produits intermédiaires, qui eux-mêmes vont se fixer à d’autres récepteurs. C’est un effet de démultiplication.

C’est une glande très vascularisée. Il y a énormément de vaisseaux sanguins, deux paires d’artères qui arrivent au niveau de la glande thyroïde. Comme toutes les glandes endocrines, elle est vraiment en lien avec tous les autres organes du corps.

Une chose très intéressante : sur les deux lobes des glandes thyroïdes, il y a une autre glande qui s’appelle la glande parathyroïde. Sur chaque lobe, il y a deux glandes parathyroïdes, un peu comme deux petits boutons. Les glandes parathyroïdes, c’est quelques grammes chacune, et pourtant elles participent activement au métabolisme du calcium (et des nitrates aussi) avec une hormone qui s’appelle la PTH, l’hormone parathyroïdienne, qui sont très importantes. Ça veut dire que le jour où on vous enlève votre thyroïde, on vous enlève vos parathyroïdes aussi. Je ne vois pas comment on pourrait laisser deux glandes suspendues en l’air comme ça.

Quand il y a une hypertrophie de la glande thyroïde, c’est normal parce que c’est dans une zone où il y a l’œsophage qui passe juste là. Dès qu’elle commence à grossir, ça presse, ça crée des sensations. Il y a une branche du système nerveux qui passe exactement là aussi. Donc c’est une glande qu’on ressent très fortement. Et on verra quand on parlera des techniques de régénération que sa proximité — elle est juste sous la peau — est relativement intéressante parce qu’il y a certains types de soins comme les cataplasmes d’huile de ricin qui vont être particulièrement intéressants pour la thyroïde, parce qu’elle est directement en contact.

Le follicule thyroïdien – unité fonctionnelle

Au niveau microscopique, la glande thyroïde a une unité fonctionnelle : le follicule thyroïdien. C’est une sphère creuse formée d’une seule couche de cellules épithéliales qu’on appelle les thyréocytes, et qui forment une cavité remplie d’une sorte de colloïde. C’est dans ce colloïde que sont produites les hormones thyroïdiennes.

L’iode est capté par la glande thyroïde. La glande thyroïde est très avide d’iode effectivement. Elle capte l’iode qui est présent dans le corps. La concentration de la glande thyroïde est 30 à 40 fois supérieure à celle qu’il y a dans le sang. Elle pompe toute l’iode disponible dans le corps et l’associe aux hormones qu’elle est en train de produire dans son colloïde pour former les hormones thyroïdiennes.

Ce qui est vraiment intéressant au niveau de la glande thyroïde, c’est que la plupart des glandes produisent des hormones et les relâchent dans le système circulatoire immédiatement. Ce n’est pas le cas de la thyroïde. La thyroïde peut stocker ses hormones dans ce colloïde pendant des jours, voire des semaines. Ça lui donne une caractéristique assez particulière : les ralentissements de fonctionnement de la glande thyroïde ou les accélérations vont souvent se percevoir à rebours, puisqu’elle stocke énormément. De la même manière, quand on va lancer des processus de régénération, il y a une certaine forme d’inertie parce que les hormones ne sont pas immédiatement libérées.

Il y a aussi d’autres cellules qu’on appelle les cellules C. Les cellules C produisent une hormone qui s’appelle la calcitonine, en lien avec le métabolisme du calcium. Les personnes qui ont des troubles au niveau de la thyroïde vont souvent avoir des troubles au niveau ostéoporose, fixation du calcium, métabolisme du calcium.

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⚗️ Fabrication des hormones en cinq étapes

La fabrication de ces hormones est intéressante parce qu’elle n’est pas simple, elle se fait en cinq étapes. Le document écrit que je vous ai présenté rentre vraiment en détail pour ceux qui veulent entrer dans les détails. L’idée, c’est de comprendre que cette production des hormones thyroïdiennes se fait en cinq étapes, et chacune de ces étapes est sujette à des perturbations.

Je donne un exemple : la capture de l’iode se fait par un transporteur qu’on appelle le NIS. Le NIS a des compétiteurs, et par exemple les nitrates sont des compétiteurs du NIS. Si vous consommez une alimentation polluée au nitrate ou une eau chargée de nitrate — il y a des régions de France, je ne vais pas parler de la Bretagne mais la Bretagne, l’eau de consommation est une véritable catastrophe pourrie de nitrate — c’est un compétiteur et ça va ralentir la fixation de l’iode au niveau de la thyroïde.

Il y a une enzyme qui s’appelle la TPO qui intervient dans la fabrication des hormones thyroïdiennes, et elle a besoin de beaucoup de fer pour fonctionner. Si vous avez pas assez de fer dans l’organisme, cette TPO ne va pas pouvoir fonctionner correctement. On vous dit “Ouais, tu as une hypothyroïdie, il faut prendre du Lévothyrox”, alors que ça peut simplement être que tu n’as pas assez de fer circulant, ou que dans ton eau de boisson il y a tellement de nitrate que tu n’arrives pas à fixer l’iode au niveau de ta glande thyroïde.

Il y a plein de raisons avant que la glande thyroïde ait un problème. En pratique, on va se rendre compte que la plupart des hypothyroïdies ne sont pas des hypothyroïdies structurelles mais fonctionnelles. La différence est fondamentale : fonctionnel, ça veut dire que c’est juste la fonction qui est inhibée, bloquée, empêchée parce qu’il y a un cofacteur, un élément qui participe au fonctionnement de cette glande qui n’est pas présent en suffisance ou qui est présent en excès. Alors que structurel, ça veut dire que c’est la glande elle-même qui est atteinte.

L’important à retenir : la petitesse de la glande thyroïde, le follicule, le fait que le follicule thyroïdien garde en lui-même plusieurs semaines d’hormones thyroïdiennes. Avant qu’une hypothyroïdie se manifeste, il va y avoir plusieurs semaines d’inertie. Et surtout comprendre que la fabrication des hormones thyroïdiennes est une fabrication en cinq étapes, et que chacune de ces étapes peut être inhibée par l’absence ou l’excès d’un cofacteur.

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🧪 T4, T3, T2, rT3 – la famille hormonale

On parle souvent de l’hormone thyroïdienne, on pense qu’il y a une hormone, la T4. À la limite, on te parle de la T3. On va voir que c’est une grande famille.
  • T4 (thyroxine) : 80 % de la production hormonale directe. C’est l’hormone thyroïdienne par excellence. Mais elle est totalement inactive — elle ne peut pas se lier au récepteur thyroïdien. Elle a une demi-vie de 5 à 7 jours, donc elle dure très longtemps et peut circuler dans le sang longtemps.
  • T3 : la forme active. 80 % de la T3 réellement utilisée par le corps vient de la conversion de la T4 en T3. La thyroïde produit un peu de T3 qui est directement versée dans le sang, mais l’essentiel vient de la conversion. La T3 a une demi-vie très courte — 24 à 48 heures — et elle est très sensible aux enzymes du plasma sanguin.
  • T2 : on a découvert récemment qu’elle agissait directement sur les mitochondries, qu’elle stimule la respiration cellulaire et le fonctionnement mitochondrial.
  • rT3 (reverse T3) : c’est un isomère de la T3 — exactement la même formule chimique, mais les atomes sont organisés spatialement différemment. Le problème, c’est que la rT3 peut se fixer au récepteur thyroïdien mais elle ne l’active pas. C’est un antagoniste compétitif.
  • Calcitonine : régule l’équilibre calcique.

Le corps convertit la T4 en T3 en fonction de la demande. Mais la rT3, non seulement elle est inactive, mais en plus elle va prendre la place de la T3. Ce qui fait que dans certains cas, on produit énormément de rT3 plutôt que de T3, ce qui va ressembler à une hypothyroïdie, alors qu’en fait c’est juste la production de rT3 qui est excessive au détriment de la T3.

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🚚 Transport sanguin et fractions actives

Toutes ces hormones ont besoin d’être liées à des transporteurs pour ne pas être dégradées dans le sang. La TBG (thyroxine binding globuline) transporte environ 75 % des hormones. La transthyrétine et l’albumine sont des transporteurs secondaires.

Ce qu’il faut savoir, c’est que quand elles sont liées à un transporteur, elles sont totalement inactives. Moins de 1 % de la T4 totale et 0,5 % de la T3 totale circulent libre. Seule la fraction libre est biologiquement active.

La fraction liée, c’est un peu comme un compte épargne — du stockage à long terme. La fraction libre, c’est le compte courant dans lequel tu vas pouvoir puiser et qui est utile efficacement. La fraction liée remplit trois rôles indispensables :

  • Réservoir tampon : une réserve.
  • Transport longue distance : les hormones thyroïdiennes sont des molécules hydrophobes, elles ne se mélangent pas facilement avec l’eau. La liaison aux protéines de transport assure une circulation stable sur l’ensemble du réseau vasculaire.
  • Protection contre l’élimination prématurée : une hormone libre est exposée aux enzymes du plasma qui pourraient la dégrader et au filtre rénal qui pourrait l’éliminer. La liaison aux protéines soustrait l’hormone à ces voies de perte et prolonge sa demi-vie.

Quand on va faire des dosages hormonaux, il va être très important de doser ce qui est réellement actif, c’est-à-dire la T4 libre et surtout la T3 libre, ce qui est rarement le cas.

Quand la T3 arrive au niveau de la cellule, elle doit encore être transportée par des transporteurs qu’on appelle les MCT8 et MCT10. Encore un facteur qui peut être perturbé et qui peut induire une hypothyroïdie fonctionnelle sans pour autant qu’il y ait de problème au niveau de la thyroïde.

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🔥 Régulateur de la combustion mitochondriale

La fonction essentielle des hormones thyroïdiennes est une fonction de combustion. Elles règlent ce qu’on appelle le tonus métabolique global.

Elles agissent via la biogenèse mitochondriale. La mitochondrie, c’est un peu la centrale énergétique du corps qui produit l’ATP — la monnaie énergétique du corps. Les mitochondries sont des organelles d’origine microbienne — ce sont des microbes apprivoisés par la cellule. Je vous renvoie aux travaux de Lynn Margulis sur l’univers bactériel.

Ce qui régule la biogenèse mitochondriale — la capacité du corps à avoir suffisamment de centrales énergétiques pour produire de l’ATP — ce sont les hormones thyroïdiennes. Elles augmentent le nombre de mitochondries et l’activité même des mitochondries. Elles stimulent aussi le brunissement des graisses, la thermogenèse, la production de chaleur, et donc la consommation d’énergie.

Globalement, si tu as une thyroïde en sous-régime, il y a moins de mitochondries, la combustion est beaucoup plus lente, et ça va se traduire par de la frilosité et un ralentissement global. Si elle est en surrégime, on a une hyperactivité — l’hyperthyroïdie se traduit par une hyperénergie permanente, souvent avec des yeux globuleux, de l’agitation, de l’anxiété, de l’insomnie.

Les hormones thyroïdiennes agissent dans presque tous les tissus. Quand on a une hypothyroïdie fonctionnelle, on va avoir une polysymptomatologie — des symptômes dans tous les sens — parce que c’est un système très transversal et quand il dérape, tous les systèmes du corps sont touchés.

  • Système nerveux : maturation cérébrale du fœtus et du nourrisson, vitesse de transmission neuronale, plasticité synaptique. Hypothyroïdie = ralentissement intellectuel, dépression, apathie. Hyperthyroïdie = agitation, anxiété, insomnie, tremblements.
  • Système cardio-vasculaire : augmentation de la fréquence et de la contractilité cardiaque. Hypothyroïdie = bradycardie et hypertension diastolique. Hyperthyroïdie = tachycardie, palpitations.
  • Système digestif : motilité intestinale, sécrétions digestives. Hypothyroïdie = constipation, sécrétions diminuées. Hyperthyroïdie = diarrhée.
  • Thermorégulation : hypothyroïdie = frilosité, extrémités froides, température basale abaissée. Hyperthyroïdie = intolérance à la chaleur, sudation.
  • Peau et phanères : hypothyroïdie = peau sèche jaunâtre, cheveux cassants, ongles striés. Hyperthyroïdie = peau fine chaude et moite.
  • Muscles squelettiques : hypothyroïdie = asthénie musculaire, crampes, myalgies. Hyperthyroïdie = fonte musculaire.
  • Système reproductif : fertilité altérée, cycles perturbés, risque de fausse couche augmenté.
  • Os : hyperthyroïdie = facteur majeur d’ostéoporose.
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🌡️ Le test de Barnes – température basale

La température dans le corps fluctue au cours de la journée, d’environ 1 degré. Elle a une phase maximale et une phase minimale. La phase minimale se situe entre 2 et 5 heures du matin, correspondant à la période de ralentissement thyroïdien maximal.

Le test de Barnes consiste à prendre la température au moment où elle est la plus basse dans le corps, c’est-à-dire au réveil le matin. Mais quand je dis au réveil, c’est vraiment avant de faire quoi que ce soit — vous ne vous levez pas, vous ne parlez pas. Il faut avoir le thermomètre sur la table de nuit.

Ce test, il faudrait le faire pendant 4, 5, 6 jours pour avoir une valeur moyenne. Dès que vous ouvrez l’œil, mais que vous êtes encore à moitié endormi, vous prenez le thermomètre, vous le mettez sous les aisselles, vous refermez le bras. Ce n’est pas buccal ni rectal, c’est sous les aisselles pour que les valeurs soient adéquates avec la grille de Barnes. Vous le laissez 10 minutes, puis vous lisez la température.

📊 Grille de Barnes :
  • 36,5 – 36,8 °C : tonus thyroïdien physiologique normal
  • 36,3 – 36,5 °C : zone limite
  • < 36,3 °C : hypothyroïdie fonctionnelle
  • > 36,9 °C (hors infection et phase lutéale) : hyperthyroïdie possible

Attention : au niveau du cycle des femmes, il y a des altérations de cette température. La phase lutéale (juste après l’ovulation) augmente la température de 0,3 à 0,5°. Les femmes enceintes ont aussi une élévation de leur température basale, c’est physiologique.

Ce test est une bonne indication. Il ne suffit pas à lui seul, mais c’est une bonne indication que vous pouvez faire très rapidement. Faites une moyenne sur 5-6 jours.

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🔄 Les axes de régulation TRH, TSH, T4, T3

C’est ce qu’on appelle l’axe hypothalamus-pituitaire-thyroïde, l’axe HPT.

  • Hypothalamus : reçoit des informations du corps. Il produit la TRH (Thyroxine Releasing Hormone).
  • Pituitaire (hypophyse) : la TRH se fixe sur des récepteurs de la glande pituitaire, qui va produire la TSH.
  • Thyroïde : la TSH se fixe sur les récepteurs de la glande thyroïde, indiquant à la thyroïde de produire plus d’hormones thyroïdiennes en recaptant de l’iode.

La TRH peut être modulée par plein de marqueurs de l’environnement :

  • Le froid : augmente la production de TRH. L’exposition régulière au froid stimule les thyroïdes fatiguées.
  • La leptine : hormone qui indique quand les réserves de graisse sont pleines. Elle augmente la TRH, augmentant le métabolisme pour brûler plus. Quand la leptine diminue, le corps diminue la TRH et le métabolisme global.
  • Le cortisol : inhibe complètement la TRH. Le stress chronique bloque la production de TRH, la conversion T4 en T3, et augmente la production de rT3.

Il y a aussi une boucle de rétroaction : quand il y a beaucoup de T4 et T3 circulantes, la quantité de TRH diminue.

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⚠️ Pourquoi la TSH seule vous trompe

La TSH (Thyroid Stimulating Hormone) est l’un des tests les plus prescrits pour mesurer la santé thyroïdienne. Mais elle a des limites majeures.

L’hypophyse dispose de sa propre machinerie de conversion de T4 en T3 via la D2 (déiodinase de type 2). Cette enzyme assure une conversion locale et instantanée de la T4 circulante en T3 active à l’intérieur même des cellules de l’hypophyse. C’est cette T3 produite localement, et non celle qui circule dans le sang, que l’hypophyse perçoit pour calibrer sa sécrétion de TSH.

Cette particularité crée une situation à laquelle la médecine endocrinologique classique fait rarement allusion : il peut exister une dissociation complète entre le statut thyroïdien de l’hypophyse (perçu par le cerveau et reflété par la TSH) et le statut thyroïdien des tissus (vécu par le corps tout entier). L’hypophyse peut être satisfaite pendant que le reste du corps souffre d’un sous-régime hormonal important, et inversement.

C’est possible parce que la D2 hypophysaire est très efficace. L’hypophyse parvient à maintenir un statut local en T3 satisfaisant même lorsque la conversion périphérique s’effondre.

La TSH mesure le statut hypophysaire en T3, pas le statut tissulaire. Et pourtant, c’est encore un outil de diagnostic qu’on utilise. Il y a des tas de gens qui se sentent très mal et qu’on renvoie vers un syndrome anxiodépressif, alors que c’est un problème physiologique.

Les fourchettes d’évaluation de la TSH varient d’un pays à l’autre : entre 0,5 et 4,5 pour certains, entre 1 et 2,5 pour d’autres. La TSH est totalement aveugle à la rT3. Si la T3 est suffisante mais qu’il y a beaucoup de rT3 qui prend la place de la T3, la TSH va dire que tout va bien, alors que tu te retrouves avec une hypothyroïdie fonctionnelle.

Les hormones sont pulsatiles et suivent des rythmes chronobiologiques. La TSH a un pic nocturne entre minuit et 4h, et un nadir entre 16h et 17h, avec une amplitude de 40 à 50 %. L’heure du prélèvement modifie complètement la valeur. Il faudrait faire des prélèvements toutes les heures pour avoir une courbe de la TSH — ce qui est rarement le cas.

🔬 Bilan thyroïdien complet idéal :
  • TSH
  • T4 libre (très important)
  • T3 libre (très important)
  • rT3 (reverse T3) – si rT3 élevée, elle bloque la T3
  • Ratio T3 libre / rT3 – si rT3 est majoritaire, vous êtes en hypothyroïdie
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🧠 Foie, intestins, surrénales – les vrais facteurs

Quand on parle de la thyroïde, il y a plein d’organes qui agissent là-dedans.

  • Le foie : 50 à 60 % de la conversion T4 en T3 se passe dans le foie via la D1. Si vous avez un foie engorgé, saturé, on assiste à une diminution de la transformation de T4 en T3 et à une augmentation de la transformation de T4 en rT3. Double peine. La naturopathie met toujours l’accent sur le drainage hépatique. Quand on apporte de la T4 exogène (Lévothyrox), le foie la traite pour la transformer en rT3 majoritairement. Donc les grosses doses de Lévothyrox produisent beaucoup de rT3, aggravant la situation.
  • Les intestins : 20 % de la conversion est faite par la D1 entérocytaire. Les entérocytes (cellules épithéliales des intestins) produisent de la D1 et ont la capacité de transformer la T4 en T3. L’état de votre microbiote, l’état de vos intestins influent sur la conversion.
  • Les reins : contribuent aussi à la conversion. En cas d’insuffisance rénale chronique, il y a moins de conversion T4 en T3 et plus de conversion en rT3.
  • Les surrénales : le cortisol module la TRH, influe sur la conversion périphérique de T4 en T3. Le stress chronique avec cortisol élevé amène à une augmentation de la production de rT3 au détriment de la T3. Quand il y a le crash surrénalien, trop peu de cortisol rend plus compliqué l’utilisation de la T3 par les cellules.

La thyroïde n’agit absolument pas seule. Elle fait partie d’un tout. Une hypothyroïdie apparente peut cacher un cortisol élevé, un foie engorgé, un intestin encrassé, un rein hypofonctionnel, une inflammation généralisée.

« Si vous n’avez pas une approche globale, vous allez passer complètement à côté du tableau. Soit on vous dit que tout va bien, soit on vous dit de prendre du Lévothyrox. Sauf que s’il y a suffisamment de T4 circulante, on n’a pas besoin de plus de Lévothyrox. Au contraire, plus tu augmentes le niveau de T4 circulante, au bout d’un moment ça sature et ça transforme beaucoup plus en rT3. C’est le serpent qui se mort la queue. »
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🔄 La conversion T4 vers T3 et la rT3

L’essentiel de la problématique actuellement est une problématique au niveau de la conversion de la T4 en T3 — une hypothyroïdie fonctionnelle.

T4 → quatre iodes. T3 → trois iodes. Entre les deux, on a perdu une iode. C’est le rôle des enzymes qu’on appelle les déiodinases qui vont déioder, enlever un iode à la T4 pour faire de la T3.

Les trois types de déiodinases :

  • D1 : trouvée dans le foie, les reins, les intestins. Convertit la T4 en T3 et en T2. Produit de la T3 disponible pour tous les tissus (via le plasma sanguin).
  • D2 : trouvée principalement dans le système nerveux central et la pituitaire. Convertit la T4 en T3 pour une utilisation locale. L’hypophyse peut produire sa propre T3 et maintenir son statut thyroïdien même si la conversion périphérique est faible.
  • D3 : produite par le placenta, le cerveau fœtal et la peau chez l’adulte. Totalement inactive. Convertit la T4 en rT3. C’est une façon de moduler la transformation T4 en T3 quand il y a énormément de T4 produite ou apportée exogènement.

Toutes ces déiodinases sont sélénodépendantes — elles dépendent du sélénium comme cofacteur principal. On trouve du sélénium dans les noix du Brésil, les poissons de mer, les œufs, les abats, l’ail.

D’autres cofacteurs : le zinc, le fer, le cuivre, les vitamines B (B2, B3, B6, B12), la tyrosine, l’iode, les vitamines A et D pour la sensibilité tissulaire.

Qu’est-ce qui oriente vers la rT3 ?

  • Stress chronique et cortisol élevé — facteur numéro 1. C’est une logique implacable : quand tu es en stress chronique, produire de la rT3 te ralentit pour éviter de t’épuiser dans la réaction.
  • Restrictions caloriques sévères (jeûne très prolongé).
  • Inflammation chronique généralisée.
  • Saturation hépatique, surtout quand le foie est enflammé.
  • Métaux lourds (en particulier le mercure) qui inhibent la sélénocystéine.

L’hypothyroïdie fonctionnelle : c’est un tableau clinique d’hypothyroïdie — la personne est épuisée, frileuse, dépressive, les ongles et cheveux se délitent, la peau est terne — mais la TSH est normale et la T4 libre est normale. On lui dit que c’est psychologique. Mais non, c’est un défaut de conversion de la T4 en T3. Si on dose la T3 libre et la rT3, on constate que la T3 libre est basse et la rT3 est élevée, donc le ratio T3/rT3 est abaissé.

« La prise en charge, ça va être une restauration du terrain pour faire que le foie convertisse bien, que les intestins convertissent bien. C’est pas une substitution. »
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🧂 L’iode : cofacteur, pas remède

L’iode est un cofacteur essentiel. Il se passe dans le follicule thyroïdien, l’iode vient se conjuguer à l’hormone en cours de formation. La T4 porte quatre groupements iode, la T3 en porte trois.

Il y a eu une époque où il y a eu des carences et des goîtres liés à des carences en iode. À notre époque, dans les pays occidentaux, c’est quasiment impossible. Le sel est iodé de toute manière. La carence en iode au sens normatif n’existe quasiment pas.

Pourtant, dans les milieux alternatifs, on entend des recommandations de supplémenter énormément en iode (comme avec le Lugol). D’un point de vue thyroïdien, ça n’a jamais paru judicieux : apporter un élément séparé de toute matrice vivante, c’est un médicament, et les doses sont extrêmement importantes.

Deux risques majeurs :

  • Production d’eau oxygénée : quand l’iode se lie aux hormones thyroïdiennes en formation, un élément transitoire est produit — de l’eau oxygénée, très oxydative. Un apport massif d’iode augmente cette production et peut détruire les tissus thyroïdiens.
  • Effet Wolff-Chaikoff (décrit en 1948) : quand il y a une charge iodée massive qui arrive au niveau de la thyroïde, il y a un blocage de la production d’hormones thyroïdiennes au sein des follicules le temps que la concentration en iode diminue. Effet exactement inverse à ce qu’on voudrait générer.

Besoins en iode (OMS) :

  • Adultes : 150 µg par jour
  • Grossesse : 220-250 µg par jour
  • Allaitement : jusqu’à 300 µg par jour

La référence japonaise : en moyenne 1 à 3 mg d’iode. Est-ce qu’un apport massif d’iode peut avoir des vertus pour la santé thyroïdienne ? Oui, s’il y a une carence en iode et que c’est le facteur limitant. Si le facteur limitant c’est le sélénium, c’est le sélénium. Si c’est le fer, c’est le fer. Si c’est la congestion hépatique, il faut jouer sur le foie. L’iode peut être intéressant si c’est le facteur, mais si ce n’est pas le facteur, ça peut ne servir à rien, voire être toxique.

Sources d’iode : algues marines (kombu, nori, wakamé), poissons de mer, œufs, produits laitiers, sels iodés (pas le sel rose de l’Himalaya).

Il y a d’autres concentrateurs d’iode dans l’organisme : glandes mammaires, glandes salivaires, glandes lacrymales, muqueuse gastrique.

« L’iode est une brique de construction, pas l’édifice entier. La position juste, c’est que le mythe du facteur clé ne passe pas en naturopathie. Le truc isolé qui va te changer la vie, ça n’existe pas. »
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⚡ Hypo et hyper – pourquoi l’hyper précède toujours

L’hypothyroïdie primaire glandulaire, c’est une production thyroïdienne réduite. L’hypothyroïdie fonctionnelle, c’est une production thyroïdienne normale mais une conversion réduite. Dans les deux cas, ça donne exactement les mêmes symptômes.

Hypothyroïdie : ralentissement global de l’organisme — température qui baisse, énergie qui baisse, morale qui baisse, libido qui baisse, dépression, frilosité, circulation qui baisse. Extrémités mal vascularisées, peau sèche, crevasses. Perfusion cérébrale diminuée — problèmes d’audition, de vision, de mémoire.

Hyperthyroïdie : ça carbure à fond — hyperexcitabilité du système nerveux central, perte de poids, toujours très chaud, intolérance à la chaleur, nervosité, anxiété, insomnie. Apparition possible de nodules.

La thèse centrale : il ne peut pas y avoir d’hypothyroïdie s’il n’y a pas eu une hyperthyroïdie préalable, sauf rares exceptions. On n’arrive pas à une situation de blocage de la conversion ou d’épuisement de la glande thyroïde s’il n’y a pas eu une phase d’hyperexcitabilité de stress juste avant. C’est le fonctionnement surrénalien, c’est le fonctionnement thyroïdien — ça passe par une hyperactivité, puis ça se casse la gueule en hypo.

Pour certaines personnes, cette phase d’hyper est relativement courte parce qu’elles ont peu de ressources, mais elle a toujours lieu.

Pourquoi ? L’hyperactivité en lien avec une situation de contrainte et une réaction de stress de l’organisme mobilise énormément de ressources et produit énormément de déchets (métabolites). Si vous êtes passé par une phase d’hyper, le métabolisme a fonctionné à plein, produisant des déchets. Quand vous tombez en hypo, non seulement votre corps est épuisé et a perdu sa capacité à traiter les déchets, mais en plus il doit traiter tous les déchets produits par la phase hyper. Donc il y a un catabolisme (on prend les ressources du corps, on les utilise) et les déchets s’accumulent. Le système éliminatif sature. Une fois saturé, et en plus en hypo, non seulement il est saturé mais il n’a plus la capacité de traiter.

L’hypothyroïdie n’est jamais un point de départ, c’est le point d’arrivée. La phase d’hyperthyroïdie en amont est parfois discrète, parfois sans signe clinique, souvent non recherchée. Dans notre monde, l’hyperactivité est super valorisée — être à fond, à 200 %, ça plaît à tout le monde. Sauf que tu es en train de t’épuiser, et le crash sera d’autant plus violent. Pendant la phase d’hyper, le terrain se dégrade, le foie sature, les surrénales s’épuisent, les déchets s’accumulent, la thyroïde est sollicitée pour essayer de compenser. Cette hyperproduction prolongée sur des années conduit à un effondrement de la production hormonale.

Savoir repérer cette hyperthyroïdie primaire est très intéressant — c’est un moment où le corps a encore des ressources. Quand on a basculé en hypothyroïdie, c’est plus compliqué parce que tout le corps est ralenti, et les leviers d’action jouent sur des temps relativement longs.

La prise en charge de l’hyperthyroïdie est souvent complètement à côté de la plaque — on utilise de l’iode radioactif, voire des ablations de thyroïde, ce qui te fait tomber en hypothyroïdie constitutive. Un travail ciblé sur le terrain permet au corps de se reposer et à la thyroïde de reprendre un fonctionnement normal.

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📝 Résumé du volet 1 – ce qui vient après

Résumé de cette partie 1, qui est aussi présent dans le document PDF.
  • La thyroïde produit majoritairement de la T4 (une forme de réservoir) et minoritairement de la T3 (la forme active).
  • L’essentiel de la T3 active provient de la conversion périphérique de la T4 par les déiodinases, principalement dans le foie.
  • La conversion peut être détournée vers la rT3 (biologiquement inactive et bloquante) sous l’effet du stress chronique, de l’inflammation, de la saturation hépatique et des métaux lourds.
  • Les hormones thyroïdiennes agissent dans la quasi-totalité des tissus, ce qui explique la diversité des symptômes en cas de dérèglement.
  • La TSH ne mesure que le statut hypophysaire — elle reste aveugle à la rT3 et au statut tissulaire.
  • La température basale matinale (test de Barnes) constitue un indicateur clinique accessible. Il peut précéder de plusieurs années les modifications biologiques détectables.
  • L’iode est un cofacteur, une brique de construction parmi d’autres — jamais un remède miracle qui résoudrait à lui seul un dérèglement thyroïdien.
  • L’hypothyroïdie est toujours un point d’arrivée, précédé d’une phase d’hyperthyroïdie.
  • La thyroïde n’agit jamais seule — sa fonction réelle dépend du foie, de l’intestin, des reins et des surrénales.
  • L’essentiel des hypothyroïdies que l’on voit à notre époque sont des hypothyroïdies fonctionnelles et non pas constitutives primaires. La réponse apportée par le système médical classique est la plupart du temps à côté de la plaque.

Ce qui vient dans la partie 2 :

  • L’hypothyroïdie et l’hyperthyroïdie, la bascule entre les deux
  • Les nodules thyroïdiens
  • Les maladies auto-immunes de la thyroïde
  • L’exemple coréen (surdiagnostic à l’échelle d’une population)
  • L’ablation thyroïdienne — ablation d’un organe vital, ses conséquences
  • Comment vivre avec une ablation de la thyroïde
  • Comment faire en sorte que cette ablation peut-être n’arrive pas
« J’espère que cette vidéo vous aura été utile, elle était dense, elle était précise. Prenez le temps, réécoutez-la, prenez le cahier. Le cahier est encore plus fouillé. C’est parce que j’ai beaucoup de respect pour vous et que je fais appel à notre intelligence et notre capacité à comprendre. »

Cette première vidéo est un côté un peu scolaire, pas très Régénère, mais elle est là pour préparer la suite. Si on veut critiquer et proposer autre chose, il faut comprendre pourquoi on le fait.

Ces vidéos sont là pour vous permettre de vous affranchir de tout ça, de comprendre et de faire des choix. Elles sont pas là contre qui que ce soit ou quoi que ce soit. Elles sont là pour la vie, pour votre vie, pour votre qualité de vie.

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📘 À propos de cette vidéo
Cette page reprend l’intégralité du contenu de la troisième vidéo de la série sur le système hormonal, consacrée à la glande thyroïde : anatomie, follicule, fabrication des hormones, T4, T3, rT3, conversion, TSH, axes de régulation, test de Barnes, iode, et la thèse de l’hypothyroïdie fonctionnelle.

Contenu à visée pédagogique · inspiré de l’approche Régénère.