Antoine Béchamp et la théorie des microzymas • Le vivant au-delà de la cellule
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Antoine Béchamp & la révolution des microzymas

La vie au-delà de la cellule – une approche intégrative du vivant

Analyses de Brigitte Fau et Dominique Tassot
« Le microbe n’est rien, le terrain est tout. »
— Claude Bernard

À travers les travaux d’Antoine Béchamp (1816-1908), pharmacien, chimiste et médecin, se dessine une biologie fondée sur les microzymas, particules vivantes à l’origine de toute organisation cellulaire. Cette page rassemble les éclairages de Brigitte Fau et Dominique Tassot, ainsi que des vidéos et transcriptions pour explorer ce changement de paradigme.

📜 Contexte historique

🧪 Un savant pluridisciplinaire

Antoine Béchamp possédait une formation rare : pharmacien, docteur en chimie, physique et médecine. Cette polyvalence lui permit d’aborder le vivant avec un regard neuf, loin de l’hyperspécialisation actuelle. Comme le souligne Dominique Tassot, « c’est un homme de terrain, allant chercher des lumières partout pour approfondir ce qu’il étudie ».

Dès 1854, il enseigne à Strasbourg et remplace Pasteur dans ses cours. Leur collaboration initiale (la thèse de Béchamp lui était dédiée) se mue rapidement en rivalité scientifique, notamment sur la question de la maladie du ver à soie, où Béchamp découvre l’efficacité du créosote bien avant que Pasteur ne s’approprie la méthode.

⚔️ La controverse sur l’origine des micro-organismes

🦠 Génération spontanée ou penspermie ?

Au XIXᵉ siècle, la question centrale est : les micro-organismes naissent-ils spontanément (génération spontanée) ou proviennent-ils de germes atmosphériques (penspermie) ? Pasteur et Béchamp rejettent tous deux la génération spontanée. Mais les expériences de l’époque, même celles de Pasteur, montrent un fait gênant : des bactéries apparaissent au cœur des tissus protégés de l’air, sans contamination extérieure.

Brigitte Fau explique : « Toutes les expériences, y compris celles de Pasteur, ont montré que même à l’abri des germes de l’air, des bactéries naissaient dans la viande. Elles se développaient d’abord au cœur, pas en périphérie. » Pasteur, bien qu’observant le même résultat, refuse de l’admettre et maintient le dogme de l’asepsie interne.

Schéma de Béchamp sur le terrain et l'apparition des micro-organismes
Illustration originale de Béchamp : le rôle du terrain dans l’apparition des micro-organismes.

🔬 La découverte des microzymas, « petits ferments »

🔍 Des granulations moléculaires au cœur de la cellule

Utilisant un microscope à immersion (×700), Béchamp observe dans toutes les cellules vivantes de minuscules granulations qu’il nomme microzymas (« petits ferments »). Il les retrouve dans les tissus animaux et végétaux, dans le sang, et même dans la craie profonde des carrières.

Dans le vitellus (jaune d’œuf), première cellule de l’embryon, on ne trouve que ces microzymas. Ils sont antérieurs à la cellule et en construisent les structures, y compris l’ADN. Brigitte Fau précise : « J’ai trouvé une publication de 2012 qui montre l’autoassemblage de l’ADN par des granulations dans le vitellus. »

Microzymas dans le vitellus de l'œuf
Les microzymas dans le vitellus : la première cellule est déjà constituée de ces éléments vivants.
🔬 Critère de vie selon Béchamp : un élément est vivant s’il produit une enzyme après plusieurs lavages. Isolés, les microzymas continuent de fermenter le sucre, là où les enzymes seules en sont incapables.

🐱 L’expérience du petit chat

Pour prouver la permanence des microzymas, Béchamp plaça un chaton mort dans du carbonate de calcium pur, à l’abri des germes de l’air, durant 7 ans. Au terme de l’expérience, il ne restait aucun débris de l’animal, mais uniquement ses microzymas, toujours vivants. Cette expérience illustre la phrase de Béchamp : « Rien n’est la proie de la mort, tout est la proie de la vie. »

🔄 Pléomorphisme : tout dépend du milieu

🧫 Bactérie ou cellule ? Le milieu décide

Béchamp constate que les microzymas, selon l’environnement chimique, peuvent former des bactéries ou des cellules, mais jamais les deux simultanément. Cette plasticité – le pléomorphisme – contredit le fixisme microbien de Pasteur.

Dans un organisme sain, les microzymas assurent les fonctions vitales (fermentations, métabolismes). Lorsque le milieu intérieur se dégrade, ils se transforment en formes microbiennes pour tenter de rétablir l’équilibre. « Les microbes ne sont pas des parasites ; ils sont l’expression du vivant, propres à l’organisme », résume Brigitte Fau.

🩸 Les microzymas dans le sang

🩻 Le troisième élément du sang

Béchamp décrivait le microzyma comme le « troisième élément du sang », après les globules rouges et blancs. Les techniques modernes (microscope à fond noir) permettent de les observer s’associer pour former des bactéries. Malgré ces images, l’interprétation dominante reste celle d’une intrusion extérieure.

Microzymas s'associant pour former une bactérie
Microzymas (points sombres) se regroupant pour constituer une bactérie. Microscopie à fond noir.
Observation microscopique du sang : microzymas et bactéries
Capture d’observation sanguine : globules rouges, bactéries et amas de microzymas.

🏥 Implications médicales : le terrain avant tout

🌱 Renforcer le terrain

Si la maladie naît d’un déséquilibre du milieu intérieur, la priorité est de restaurer ce terrain : alimentation, gestion du stress, sommeil, activité physique. La lutte chimique contre les microbes ne traite que la conséquence.

Bioélectronique et mesure du terrain

Brigitte Fau relie ces travaux à la bioélectronique de Louis-Claude Vincent, qui mesure le pH, le potentiel redox et la résistivité des liquides biologiques. Un nouvel appareil (bioélectronimètre) pourrait permettre d’évaluer objectivement la qualité du terrain.

🧬 Retrouver le colloque singulier

La médecine pasteurienne a imposé des protocoles standardisés. Redécouvrir Béchamp, c’est redonner sa place à l’individualisation du soin, chère à la tradition hippocratique.

🪨 Des microzymas dans la roche

🪨 La géologue Philippa Uwins et les nanobes

Béchamp avait déjà trouvé des microzymas dans la craie extraite au cœur de blocs de roche. Un siècle plus tard, Philippa Uwins découvre des « nanobes », nano-organismes capables de se transformer une fois placés dans un milieu propice. Ces particules sont les restes d’organismes anciens, confirmant que les microzymas survivent indéfiniment.

🎥 Conférences et entretiens vidéo

▶️ « Microbes, virus, contagion : c’est Béchamp qui avait raison ! »

Intervention de Brigitte Fau et Dominique Tassot expliquant les fondements de la théorie de Béchamp et ses conséquences sur notre compréhension des maladies infectieuses.

▶️ Émission Radio Courtoisie – février 2025

Brigitte Fau et Dominique Tassot y détaillent la formation de Béchamp, la controverse avec Pasteur, l’expérience du petit chat, et le lien avec la bioélectronique.

▶️ « La compréhension du vivant ? (Antoine Béchamp) » – Entretien avec Brigitte Fau

Un dialogue approfondi sur le parcours de Brigitte Fau, sa découverte de Béchamp, la notion de microzyma, le pléomorphisme, et les perspectives ouvertes pour la science.

📝 Extraits des transcriptions

🗣️ Sur l’ostracisme de Béchamp

« Le 27 décembre 1892, à l’Académie de médecine, un certain Monsieur Gautier déclare : “Je ne vois pas pourquoi je répondrais à quelqu’un dont on doit faire le silence autour de lui.” Béchamp a compris que quoi qu’il fasse, c’était peine perdue. » — Brigitte Fau (Radio Courtoisie)

🗣️ Microzymas et mitochondries

« Ce qu’on appelle mitochondries ne sont rien d’autre que les microzymas. Ce ne sont pas des archéobactéries en symbiose. Sinon, la cellule ne serait pas capable de faire son propre métabolisme. » — Brigitte Fau (entretien)

🗣️ L’appel aux jeunes chercheurs

« Il y a des moments où il faut savoir s’arrêter dans la démarche intellectuelle, regarder en arrière et repartir sur des bases plus saines. Les travaux de Béchamp offrent une mine de sujets de thèses. » — Dominique Tassot

🗣️ La vie terrestre

« Les microzymas sont la vie terrestre. Ils nous survivent. Ce qu’on trouve dans l’air, la poussière, ce sont les restes d’organismes vivants. Rien n’est la proie de la mort, tout est la proie de la vie. » — Brigitte Fau

👥 Les experts

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Brigitte Fau

Ingénieure, maîtrise de biochimie. Auteure de Antoine Béchamp, la compréhension du vivant (Éd. Médicatrix). Anime le site bonnesf.fr dédié à la bioélectronique et aux travaux de Béchamp.

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Dominique Tassot

Ingénieur des Mines de Paris, docteur en philosophie, président du Centre d’Étude et de Prospective pour la Science (le-disc.org). Auteur de L’évolution, une difficulté pour la science, un danger pour la foi (Téqui).

📚 Ressources

  • 📖 Brigitte FauAntoine Béchamp, la compréhension du vivant, Éd. Médicatrix.
  • 📘 Dominique TassotL’évolution en 100 questions-réponses, Via Romana.
  • 🌐 Site de Brigitte Fau : bonnesf.fr
  • 🌐 Centre d’Étude et de Prospective pour la Science : le-disc.org
  • 📕 Les Microzymas d’Antoine Béchamp (1883) – disponible sur Gallica.