Dr. Moatassime – Médecin Généraliste
33 ans d’expérience à Fleury-les-Aubrais (45) • RPPS 10002078391
Bobologie : Les Petits Maux du Quotidien
Gastro-entérite légère, rhume, mal de dos, fatigue passagère – Savoir se soigner seul et quand consulter vraiment
BOBOLOGIE : QUAND LE CORPS DIT “PAUSE”
• Gastro-entérites sans signes de gravité
• Douleurs musculaires ou articulaires passagères
• Fatigue, stress léger, troubles du sommeil
• Maux de tête occasionnels sans alarme
“Il faut parfois savoir ne pas médicaliser le normal”
Le corps a ses propres mécanismes de régulation. Une fièvre à 38°C, quelques selles liquides ou des courbatures après un effort sont souvent des réponses normales et transitoires qui ne nécessitent qu’un peu de repos et de patience.
Guide des Petits Maux
Repos à domicile
Premier traitement de la bobologie
Hydratation
Essentielle dans les états fébriles
Consultation adaptée
Téléconsultation si nécessaire
Consultation pour symptômes bénins
Gastro, rhume, fatigue, douleurs légères – Évaluation médicale adaptée et conseils personnalisés
Réponse sous 24-48 heures • Consultation adaptée à votre situation
1. Troubles Digestifs Légers
Gastro-entérite banale : 24-48h de désagrément
CE QUI EST NORMAL DANS UNE GASTRO “BANALE”
• Durée : 24 à 72 heures maximum
• Vomissements : 2-3 fois les premières heures, puis amélioration
• Diarrhée : Selles liquides 3-5 fois/jour, sans sang ni glaire
• Fièvre : Modérée (< 38.5°C), cède avec du paracétamol
• État général : Préservé, capable de boire régulièrement
• Jeûne solide pendant 4-6 heures après les derniers vomissements
• Hydratation : petites quantités fréquentes (1-2 gorgées/5-10 min) d’eau, bouillon, soluté de réhydratation
• Reprise alimentaire : riz, pâtes, carottes cuites, banane, compote
• Éviter : laitages, fibres, aliments gras, café, alcool
• Médicaments : Paracétamol pour fièvre/douleur, pas d’anti-diarrhéique les premières 24h
| Symptôme | Bobologie (maison) | Consultation nécessaire | Urgence |
|---|---|---|---|
| Diarrhée | < 5 selles/jour, pas de sang | > 5 selles/jour, persiste > 3 jours | Sang abondant, déshydratation |
| Vomissements | 2-3 fois, cesse en 6h | Persistent > 12h, incapacité à boire | Vomissements incoercibles, vertiges |
| Douleurs abdominales | Crampes modérées avec diarrhée | Douleurs fixes, intenses | Abdomen dur, défense |
| Fièvre | < 38.5°C, cède au paracétamol | > 39°C, persiste > 48h | > 40°C avec altération état général |
QUAND LA “PETITE GASTRO” N’EN EST PAS UNE
Consulter dans la journée si :
1. Diarrhée avec sang ou glaires
2. Fortes douleurs abdominales localisées
3. Fièvre > 39°C qui persiste malgré traitement
4. Voyage récent à l’étranger
5. Personne âgée, nourrisson, ou maladie chronique
6. Diarrhée qui persiste > 3 jours
2. Rhumes et États Grippaux Bénins
Le “coup de froid” classique : 7 jours avec traitement, une semaine sans
DIFFÉRENCIER RHUME, ÉTAT GRIPPAL ET GRIPPE
Rhume banal : Nez qui coule/obstrué, éternuements, légère fatigue. Pas ou peu de fièvre.
État grippal : Rhume + courbatures + fatigue modérée + fièvre < 39°C.
Vraie grippe : Début brutal, fièvre > 39°C, courbatures intenses, fatigue majeure, toux sèche.
• Nez bouché : Lavage nasal au sérum physiologique (indispensable avant tout spray)
• Gorge irritée : Pastilles au miel, sprays antiseptiques légers (limités à 5 jours)
• Toux sèche : Si gênante la nuit, antitussif à base de dextrométhorphane (éviter le jour)
• Toux grasse : Fluidifiant type acetylcystéine si expectoration difficile
• Fièvre/courbatures : Paracétamol en première intention
• Vitamine C : Efficacité non prouvée sur la durée mais placebo utile parfois
| Symptôme | Soins maison suffisants | Consultation utile |
|---|---|---|
| Fièvre | < 38.5°C, < 3 jours, bonne tolérance | > 39°C, > 3 jours, mauvaise tolérance |
| Toux | Productive, < 7 jours, pas d'essoufflement | Sèche et quinteuse > 3 semaines, sifflements |
| Douleurs thoraciques | Musculaires (toussive), superficielles | Profondes, augmentent à l’inspiration |
| État général | Fatigue modérée, maintien des activités simples | Asthénie majeure, incapacité à se lever |
LES VRAIS “REMÈDES DE GRAND-MÈRE” EFFICACES
- Hydratation : 1.5-2L/jour (eau, tisanes, bouillons) – fluidifie les sécrétions
- Repos : 1-2 jours permettent souvent de couper court à l’infection
- Miel : 1 cuillère le soir pour la toux (efficacité prouvée chez l’enfant > 1 an)
- Humidification : Bol d’eau chaude dans la chambre ou humidificateur
- Arrêt du tabac : Même temporaire, améliore la clairance mucociliaire
- Patience : Un virus respiratoire met 5-7 jours à guérir spontanément
3. Douleurs Musculaires et Articulaires Passagères
Mal de dos, torticolis, courbatures : le prix des excès du quotidien
COURBATURES POST-EFFORT : NORMAL APRÈS UNE REPRISE
Les douleurs musculaires d’apparition retardée (DOMS) surviennent 24-48h après un effort inhabituel :
• Maximum : J2-J3 après l’effort
• Durée : 5-7 jours maximum
• Traitement : Repos relatif (marche douce), chaleur locale, étirements légers, paracétamol
• À éviter : Anti-inflammatoires (aggravent la régénération musculaire), massage profond les premiers jours
• Repos : LIMITÉ à 1-2 jours maximum. Le maintien d’une activité légère est bénéfique
• Posture : Position antalgique (généralement couché sur le côté, genoux repliés)
• Chaleur : Bouillotte sur la zone douloureuse 20 min plusieurs fois/jour
• Médication : Paracétamol en première intention, antalgiques de niveau 2 si nécessaire
• Mouvement : Dès que possible, marche douce, éviter port de charges, flexions
• Évolution : Amélioration significative attendue sous 48-72h
| Type de douleur | Cause probable | Prise en charge maison | Consultation si… |
|---|---|---|---|
| Mal de dos aigu | Faux mouvement, port de charge | Repos limité, chaleur, paracétamol | Douleur > 1 semaine, irradiation jambe |
| Torticolis | Position de sommeil, courant d’air | Chaleur, collier soupe 1-2 jours max | Raideur extrême, fièvre associée |
| Courbatures généralisées | Infection virale, effort intense | Repos, hydratation, paracétamol | Fièvre > 39°C, raideur méningée |
| Arthralgies (genou, épaule) | Microtraumatisme, surutilisation | Repos articulaire, glace 48h puis chaleur | Gonflement, rougeur, instabilité |
DOULEURS QUI NE SONT PAS DE LA “BOBOLOGIE”
Consulter rapidement si douleur :
1. Thoracique avec essoufflement, sueurs (urgence cardiaque)
2. Abdominale intense et fixe (urgence chirurgicale)
3. Céphalée brutale “en coup de tonnerre” (urgence neurologique)
4. Lombaire avec fièvre et troubles urinaires (infection)
5. Articulaire avec rougeur, chaleur, gonflement (arthrite)
6. Associée à un traumatisme avec impotence fonctionnelle
4. Fatigue Passagère et Baisse de Moral
Le “coup de mou” : quand la vie quotidienne pèse un peu trop
DIFFÉRENCIER FATIGUE NORMALE, ASTHÉNIE ET DÉPRESSION
Fatigue normale : Liée à un facteur identifiable (manque de sommeil, surmenage). Cède au repos.
Asthénie : Fatigue anormale, disproportionnée à l’effort, non améliorée par le repos. Nécessite un bilan.
Dépression : Humeur triste durable, perte d’intérêt, troubles du sommeil/appétit, idées noires.
• Hygiène de sommeil : Heure fixe de coucher/lever, pas d’écrans 1h avant, chambre fraîche et sombre
• Alimentation : Petit déjeuner protéiné, éviter sucres rapides, café après 16h
• Activité physique : 30 min de marche quotidienne, même fatigué (paradoxalement énergisant)
• Pauses : Micro-pauses de 5 min toutes les 90 min de travail
• Écrans : Limiter temps, utiliser filtre lumière bleue le soir
• Compléments : Vitamine D si carence avérée, magnésium en cure de 1 mois maximum
| Situation | Réaction normale | Quand s’inquiéter | Conduite à tenir |
|---|---|---|---|
| Deuil récent | Tristesse, pleurs, perte d’appétit 2-4 semaines | Désintérêt total > 2 mois, idées suicidaires | Entourage soutenant, patience, consultations si besoin |
| Surmenage professionnel | Fatigue soir/week-end, irritabilité | Épuisement matinal, crises d’angoisse | Discuter avec RH, médecin du travail, poser des limites |
| “Burn out” parental | Sentiment d’être débordé, besoin de répit | Indifférence envers les enfants, colères incontrôlables | Demander de l’aide (famille, amis), se réserver du temps |
| Baisse de moral hivernale | Moins d’énergie, envie d’hiberner | Isolement social, pensées négatives persistantes | Luminothérapie, sortir quotidiennement, vitamine D |
CONSULTER POUR DE LA “FATIGUE” : CE QU’ATTEND LE MÉDECIN
Pour optimiser la consultation, préparez :
1. Durée précise : “Ça dure depuis 3 semaines” plutôt que “Ça fait longtemps”
2. Facteurs déclenchants : Changement de travail, événement familial, infection récente
3. Impact concret : “Je m’endors en réunion”, “Je ne supporte plus mes enfants”
4. Tentatives déjà faites : “J’ai essayé de me coucher plus tôt, ça n’a rien changé”
5. Attentes réelles : “J’ai besoin d’un arrêt de travail pour respirer” ou “Je cherche des solutions pour mieux dormir”
Un médecin généraliste est formé à dépister les causes organiques (anémie, dysthyroïdie) et psychologiques. Il peut orienter vers un psychologue si nécessaire.
5. Arrêt de Travail : Bon Usage et Limites
L’arrêt maladie : un outil thérapeutique, pas un droit automatique
CE QUE DIT LA LOI (ARTICLE L323-3 CODE SÉCURITÉ SOCIALE)
“L’arrêt de travail est prescrit lorsque l’état de santé du salarié rend médicalement nécessaire une interruption de travail et que celui-ci n’est pas en mesure de bénéficier d’un aménagement de son poste.”
Traduction : L’état de santé doit être objectivement incompatible avec le travail ou le trajet, pas simplement inconfortable.
• Gastro-entérite aiguë avec vomissements/diarrhées actifs (risque de contamination + inconfort)
• État grippal franc avec fièvre > 38.5°C et courbatures invalidantes
• Lombalgie aiguë avec incapacité à se tenir assis ou debout > 30 min
• Migraine avec vomissements ne cédant pas au traitement habituel
• Conjonctivite aiguë contagieuse dans un métier de contact
• Stress aigu avec crise d’angoisse nécessitant un repos immédiat
| Motif fréquent | Justification possible | Alternative à l’arrêt | Durée typique |
|---|---|---|---|
| “Gueule de bois” | NON JUSTIFIÉ (cause comportementale) | Repos sur jour de congé, télétravail si état compatible | 0 jour (non médical) |
| Rhume simple | Habituellement NON (sauf fièvre ou métier très exposé) | Masque, télétravail, adaptation temporaire du poste | 0-1 jour selon sévérité |
| Courbatures après sport | NON (sauf profession manuelle très physique) | Analgésiques, adaptation des tâches | 0 jour |
| Fatigue “psychologique” | OUI si diagnostic d’épuisement ou trouble anxiodépressif | Temps partiel thérapeutique, aménagement | À évaluer selon sévérité |
| Douleurs règles invalidantes | OUI si réellement incapacitantes malgré traitement | Antalgiques, chaleur, repos ponctuel | 1-2 jours/mois si documenté |
• Ne pas exiger : “Docteur, je viens pour un arrêt” → démarche contre-productive
• Décrire objectivement : “Je vomis depuis ce matin, je ne pourrai pas conduire/travailler”
• Exposer la situation professionnelle : “Je suis serveur/conducteur/infirmier, avec mon état je risque…”
• Accepter le jugement médical : Le médecin doit évaluer l’incompatibilité avec le travail
• Discuter d’alternatives : Télétravail, temps partiel temporaire, aménagement
• Comprendre la durée : Un arrêt est prescrit pour une durée nécessaire et suffisante
CE QUE LE MÉDECIN ÉVALUE POUR UN ARRÊT COURT
- Incapacité fonctionnelle réelle : Pouvez-vous vous habiller, conduire, vous concentrer ?
- Risque de contamination : Travailler avec une gastro expose collègues et public
- Aggravation possible : Reposer une lombalgie aiguë prévient la chronicisation
- Efficacité au travail : Un employé fiévreux et toussant est peu productif et à risque d’erreur
- Métier spécifique : Un arrêt est plus justifié pour un chauffeur avec migraine qu’un bureau
- Antécédents : Un asthmatique avec bronchite aura besoin de plus de repos
Un arrêt de travail est un traitement. Comme tout traitement, il a des indications, une posologie (durée) et des effets secondaires (désocialisation, perte de revenus si délai de carence).
6. Automédication Raisonnée et Sécuritaire
L’armoire à pharmacie familiale : entre utilité et danger
LES 10 RÈGLES D’OR DE L’AUTOMÉDICATION
- Respecter les indications : Un médicament a une indication précise
- Lire la notice : Posologie, contre-indications, effets secondaires
- Respecter la durée : 3-5 jours maximum sans avis médical
- Pas d’antibiotiques sans prescription (inefficaces sur les virus)
- Éviter les associations sans avis (risque d’interactions)
- Adapter aux personnes : enfant, femme enceinte, personne âgée
- Privilégier le monomédicament plutôt que les associations fixes
- Conserver correctement : à l’abri de lumière, chaleur, enfants
- Vérifier les dates de péremption régulièrement
- Arrêter et consulter si aggravation ou absence d’amélioration sous 48h
| Symptôme | Traitement de 1ère intention | Durée max sans avis | Erreurs fréquentes |
|---|---|---|---|
| Fièvre / Douleur | Paracétamol (1g max par prise, 3g/j) | 3 jours | Surdosage, association inutile avec AINS |
| Nez bouché | Sérum physiologique, décongestionnant nasal max 5j | 5 jours | Utilisation prolongée (rhinite médicamenteuse) |
| Toux sèche | Antitussif (dextrométhorphane) uniquement si gênante la nuit | 5 jours | Utilisation systématique (la toux est utile) |
| Brûlures d’estomac | Anti-acides (pansements gastriques), IPP si > 50 ans avec avis | 7 jours | Automédication prolongée masquant une pathologie |
| Diarrhée aiguë | Réhydratation, lopéramide seulement après 24h si besoin | 2 jours | Prise immédiate (empêche élimination du germe) |
ASSOCIATIONS DANGEREUSES FRÉQUENTES
- Paracétamol + médicament contenant du paracétamol (surdosage hépatotoxique)
- Ibuprofène/aspirine + anticoagulant (risque hémorragique majeur)
- Décongestionnant oral + hypertension (poussée hypertensive)
- Anti-inflammatoire + insuffisance rénale (aggravation)
- Sirop antitussif + alcool (dépression respiratoire)
- Médicament “rhume” + antidépresseur IMAO (crise hypertensive)
Conseil : Toujours informer votre pharmacien de tous vos traitements en cours, même homéopathiques ou à base de plantes.
• Antalgique/antipyrétique : Paracétamol 500mg et 1g
• Anti-inflammatoire : Ibuprofène 400mg (si pas de contre-indication)
• Pansement gastrique : Type smectite ou hydrotalcite
• Antihistaminique : Pour allergies saisonnières légères
• Antiseptique local : Chlorhexidine ou polyvidone iodée
• Matériel : Thermètre, bandes, compresses stériles, sérum physiologique
• À ÉVITER : Antibiotiques restants, opiacés forts, anxiolytiques anciens
Situations Courantes Décryptées
Exemples concrets de “bobologie” bien gérée
Cas n°1 – Gastro du week-end :
“Vendredi soir : nausées, vomissements. Samedi : diarrhée, 37.8°C. Conduite : jeûne hydrique 6h, puis petites gorgées de soluté réhydratant. Dimanche : amélioration, reprise alimentaire douce (riz, carottes). Lundi : état satisfaisant, reprise travail. Pas de consultation nécessaire. Arrêt de travail : non justifié le lundi.”
Cas n°2 – Rhume + travail de bureau :
“Nez qui coule, légère fatigue, pas de fièvre. Conduite : lavages nasaux, pastilles gorge, paracétamol si céphalées. Travail : port de masque si collègues proches, aération bureau, hydratation. Consultation : non nécessaire. Arrêt de travail : non justifié pour travail sédentaire.”
Cas n°3 – Lombalgie après déménagement :
“Douleur lombaire aiguë après port de cartons. Incapable de rester assis > 20 min. Conduite : repos allongé 48h max, chaleur locale, paracétamol. Consultation : téléconsultation pour évaluation. Arrêt de travail : justifié 2-3 jours si travail physique ou trajet longue distance.”
Cas n°4 – Fatigue après décès d’un proche :
“Tristesse, fatigue, insomnies 3 semaines après décès parent. Conduite : consultation médicale pour évaluer réaction normale vs début dépression. Soutien psychologique proposé. Arrêt de travail : possible si difficultés concentration ou métier à risque. Durée courte et réévaluation.”
💡 La bobologie bien gérée
Savoir écouter son corps, se soigner simplement, et consulter à bon escient
AUTOSOINS
48h
Durée d’automédication raisonnable sans amélioration
CONSULTATION
3 jours
Fièvre persistante > 3 jours malgré traitement
ARRÊT COURT
1-3 jours
Durée moyenne pour une pathologie bénigne justifiée
Bobologie : Entre Automédication et Recours aux Soins
Définition et enjeux : La “bobologie” désigne les affections bénignes, transitoires et généralement spontanément résolutives qui représentent une part importante des consultations médicales. Selon une étude de la DREES, 40% des consultations en médecine générale concernent des pathologies qui pourraient relever de l’automédication guidée ou de la téléconsultation. L’enjeu n’est pas de décourager les consultations, mais d’optimiser le recours aux soins pour réserver le médecin aux situations qui l’exigent vraiment.
Éducation thérapeutique du patient : Savoir gérer un rhume, une gastro-entérite simple ou des courbatures fait partie des compétences que tout individu devrait acquérir. Les autorités de santé encouragent le développement de l’éducation à l’automédication raisonnée, notamment via les pharmaciens d’officine. Des outils comme les arbres décisionnels (“Que faire en cas de fièvre ?”) sont disponibles sur les sites publics comme Santé.fr.
Arrêts de travail courts : Les arrêts de moins de 3 jours représentent environ 30% des arrêts maladie en France. Leur bon usage est un enjeu économique majeur. Un arrêt inutile coûte à la collectivité (sécurité sociale, employeur) mais peut aussi nuire au salarié (désocialisation, perte de revenus si délai de carence). À l’inverse, ne pas s’arrêter quand c’est nécessaire favorise les complications, la contagion et la chronicisation (notamment pour les douleurs musculo-squelettiques).
Rôle du médecin généraliste : Face à une demande de “bobologie”, le médecin a plusieurs missions : 1) Exclure une pathologie grave qui se présenterait sous des symptômes banals (“diagnostic d’éviction”), 2) Éduquer le patient sur la gestion de son symptôme, 3) Prescrire un traitement symptomatique si nécessaire, 4) Évaluer l’impact sur la capacité de travail, 5) Dépister une détresse psychologique ou sociale sous-jacente. La consultation pour “rhume” ou “fatigue” est souvent l’occasion d’un examen de santé plus global.
Impact du contexte socio-économique : La demande de soins pour des pathologies mineures est influencée par de nombreux facteurs non médicaux : isolement social (la consultation comme contact humain), précarité (accès difficile aux médicaments sans ordonnance pour les plus démunis), pression professionnelle (besoin d’un justificatif pour s’absenter), méconnaissance des alternatives (téléconsultation, pharmacien). Une étude de l’IRDES montre que les populations défavorisées consultent plus souvent pour des motifs banals, mais aussi plus tardivement pour des problèmes sérieux.
Place de la téléconsultation : La bobologie est le champ par excellence de la téléconsultation. De nombreuses plateformes proposent des avis médicaux rapides pour des symptômes bénins. Cela désengorge les cabinets et les urgences, mais doit être encadré pour éviter le “zapping” médical et la perte du médecin traitant. Pour des symptômes simples et bien identifiés, la téléconsultation peut suffire à obtenir des conseils ou une ordonnance pour un traitement symptomatique.
Message d’équilibre : La bobologie existe bel et bien : ce sont ces petits maux de la vie quotidienne qui guérissent le plus souvent seuls. Apprendre à les gérer avec bon sens (repos, hydratation, antipyrétique simple) est une compétence de vie précieuse. Cependant, il ne faut pas tomber dans l’excès inverse de négliger des symptômes qui pourraient annoncer quelque chose de plus sérieux. La règle des “3 jours” est une bonne ligne directrice : si un symptôme banal ne s’améliore pas franchement après 3 jours de soins simples, une consultation (même téléphonique) est justifiée. Quant à l’arrêt de travail, c’est un outil thérapeutique qui doit répondre à une réelle incapacité de travailler, pas à un simple inconfort. Le dialogue entre patient et médecin, basé sur la confiance et la transparence, reste la clé d’un bon usage du système de soins.
