Quelles molécules pour rester en bonne santé ?
📖 Sommaire
↓ Cliquez sur un thème pour y accéder directement ↓
🌿 Introduction
Jean-Marc Sabatier est docteur en biochimie et microbiologie, directeur de recherche au CNRS. Il a dirigé plusieurs laboratoires académiques et a publié de nombreux travaux sur le système rénine-angiotensine, les venins et les molécules bioactives [1].
L’idée maîtresse de cette émission : le dérèglement du SRA est à l’origine de la plupart des pathologies humaines non génétiques – cancers, maladies auto-immunes, cardiovasculaires, neurodégénératives. Et la vitamine D, le magnésium, le zinc et la vitamine C sont les piliers d’une stratégie de régulation de ce système.
🌞 Vitamine D – la prohormone centrale
Dosage et métabolisme
- Forme inactive : cholécalciférol (D3) ou ergocalciférol (D2) – celle que l’on trouve en compléments.
- 1ʳᵉ activation (foie) : hydroxylation en 25-hydroxyvitamine D3 (calcidiol) – forme dosée dans le sang.
- 2ᵉ activation (rein) : hydroxylation en 1,25-dihydroxyvitamine D3 (calcitriol) – forme active qui agit sur les gènes.
- Le calcitriol active ou réprime jusqu’à ~2000 gènes, soit 8 à 9 % du génome humain.
Taux sanguin optimal
- Taux recommandé : entre 50 et 80 ng/mL de calcidiol [3].
- Insuffisance : < 40 ng/mL – associée à une inflammation accrue et à une vulnérabilité aux infections [2].
- Carence sévère : < 12 ng/mL – risques osseux, neuromusculaires et systémiques.
- Les recommandations officielles (30 ng/mL) sont jugées trop basses par de nombreux experts pour les effets extra-osseux [2].
Dosage pratique
- Calcul : 70 à 75 UI par kilo de poids corporel.
- Exemple : un adulte de 80 kg → ~6000 UI/jour.
- Pour une femme de 60 kg : 3000 à 4000 UI/jour.
- La vitamine D est liposoluble : à prendre avec un repas contenant des graisses, jamais avec un verre d’eau (risque de précipitation).
Rôle dans la régulation du SRA
La vitamine D est un inhibiteur de la rénine, l’enzyme qui déclenche la cascade du système rénine-angiotensine [4]. En inhibant la rénine, elle empêche la production excessive d’angiotensine II, une hormone qui, en excès, active le récepteur AT1R – un récepteur pro-inflammatoire, pro-oxydant, pro-fibrosant et pro-tumoral.
Shock thérapeutique en cas d’infection
🧂 Magnésium – le cofacteur indispensable
Pourquoi le magnésium est-il indispensable à la vitamine D ?
Les deux enzymes qui activent la vitamine D – la 25-hydroxylase (foie) et la 1α-hydroxylase (rein) – ont besoin de magnésium comme cofacteur. Sans magnésium, la vitamine D reste inactive, même à forte dose [5].
Dosages recommandés
- Hommes : ~360 mg/jour.
- Femmes : ~320 mg/jour.
- Optimum : jusqu’à 500-600 mg/jour en plusieurs prises (car élimination rapide).
- Une étude a montré qu’une supplémentation à 550 mg/jour réduisait de 40 % le risque de démence par rapport à 300 mg/jour.
Quelle forme de magnésium choisir ?
- Bisglycinate : la meilleure absorption, peu d’effets secondaires (diarrhées). Idéal pour un usage quotidien.
- Citrate : bon pour tamponner le pH, légèrement laxatif.
- Malate : intéressant pour l’énergie (cycle de Krebs).
- Tréonate : le seul qui traverse la barrière hémato-encéphalique – idéal pour les troubles neurologiques, mais très cher.
- Oxyde : très mal absorbé, provoque des diarrhées – à éviter.
- Marin : très vendu mais pas le meilleur.
⚡ Zinc – le cofacteur des facteurs de transcription
Rôle du zinc
- Cofacteur de l’ECA2 : l’enzyme de conversion de l’angiotensine 2, qui dégrade l’angiotensine II en angiotensine 1-7 (bénéfique), utilise le zinc comme cofacteur [6].
- Facteurs de transcription : la vitamine D active des gènes via des facteurs de transcription qui ont besoin de zinc.
- Antioxydant et anti-inflammatoire : le zinc est un antioxydant indirect et un régulateur de l’inflammation.
Dosage recommandé
- 10 à 40 mg/jour.
- Les compléments font généralement 15-25 mg.
- Environ 15 % des personnes sont carencées en zinc.
🍊 Vitamine C – le nœud métabolique
Rôle de la vitamine C
- Régénération du glutathion : la vitamine C réduit le glutathion oxydé en glutathion actif.
- Régénération de la vitamine E : la vitamine C régénère la vitamine E oxydée.
- Cofacteur enzymatique : impliquée dans la synthèse du collagène, la neurotransmission, etc.
- Nœud métabolique : la vitamine C est au centre de nombreuses voies métaboliques.
Formes et absorption
- Vitamine C standard (acide ascorbique) : hydrosoluble, pénètre les compartiments aqueux.
- Vitamine C liposomale : encapsulée dans des lipides, pénètre les compartiments lipidiques (membranes, tissus adipeux).
- Idéal : combiner les deux pour une couverture complète des compartiments corporels [7].
- La vitamine C liposomale peut avoir une biodisponibilité 1,2 à 5,4 fois supérieure à la forme standard [7].
🛡️ Antioxydants – NAC, glutathion et compléments
NAC (N-acétylcystéine)
- La NAC est un précurseur du glutathion – l’un des antioxydants les plus puissants de l’organisme.
- Elle est également antioxydante par elle-même [8].
- Avantage : la NAC franchit facilement la barrière hémato-encéphalique, contrairement au glutathion.
- La NAC-amide (NACA) serait 100 fois plus puissante que la NAC.
Glutathion (GSH)
- Tripeptide antioxydant endogène (cystéine, glycine, acide glutamique).
- Très puissant, mais ne traverse pas la barrière hémato-encéphalique.
- La NAC et le glutathion piègent des radicaux libres différents – d’où l’intérêt de les associer [8].
La glutamine – une mise en garde
Autres antioxydants cités
- Acide alpha-lipoïque : cofacteur de 5 enzymes, dont deux du cycle de Krebs.
- Carnitine : transporte les acides gras dans les mitochondries pour produire de l’ATP.
- Carnosine : dipeptide antioxydant naturel.
- Phycocyanine (spiruline) : antioxydant 20 fois plus puissant que la vitamine C.
🔄 Système rénine-angiotensine (SRA) – le chef d’orchestre cellulaire
La cascade du SRA
- Angiotensinogène (foie) → rénine (rein) → angiotensine I (inactive).
- ECA (enzyme de conversion) → angiotensine II (hormone active).
- Angiotensine II se fixe sur deux récepteurs :
- AT1R : délétère – pro-inflammatoire, pro-oxydant, pro-fibrosant, pro-thrombotique, pro-hypertenseur, pro-angiogénique, pro-tumoral.
- AT2R : bénéfique – anti-inflammatoire, anti-oxydant, anti-fibrosant, vasodilatateur.
- ECA2 : dégrade l’angiotensine II en angiotensine 1-7 (bénéfique) – l’ECA2 est zinc-dépendant.
Le récepteur AT1R – le « mauvais » récepteur
AT1R est le récepteur qui met le « bazar » dans l’organisme. Son activation chronique est responsable de :
- Maladies cardiovasculaires (hypertension, athérosclérose).
- Maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson).
- Maladies auto-immunes (sclérose en plaques, thyroïdite de Hashimoto).
- Cancers (prolifération cellulaire anarchique).
- Maladies gastro-intestinales (RCH, maladie de Crohn).
- Obésité et diabète de type 2.
La vitamine D – l’inhibiteur de la rénine
La vitamine D inhibe la transcription du gène de la rénine [4]. En bloquant la rénine, elle empêche toute la cascade délétère. C’est pourquoi la vitamine D est considérée comme le régulateur maître du SRA.
Le zinc – le cofacteur de l’ECA2
L’ECA2 est zinc-dépendant. Sans zinc, l’ECA2 ne fonctionne pas, l’angiotensine II s’accumule, AT1R est suractivé. La supplémentation en zinc est donc indispensable pour maintenir un SRA équilibré.
💊 Ivermectine, mébendazole et antiparasitaires
Mécanismes d’action de l’ivermectine
- Inhibiteur du SRA : l’ivermectine se comporte comme un inhibiteur de la rénine, régulant le système rénine-angiotensine.
- Inhibiteur du complexe α/β1 importine : ce système contrôle l’accès des protéines microbiennes au noyau cellulaire – d’où son large spectre antiviral [9].
- Activité antitumorale : l’ivermectine induit la mort cellulaire immunogène par divers mécanismes [9].
Mébendazole, fendazole, albendazole
Ces antiparasitaires agissent sur la β-tubuline, empêchant la formation des microtubules. Les microtubules sont essentiels pour :
- Le transport intracellulaire (kinésines et dynéines).
- Le cytosquelette (forme de la cellule).
- Le fuseau mitotique – indispensable à la division cellulaire. En bloquant le fuseau mitotique, ces molécules empêchent la multiplication anarchique des cellules cancéreuses.
Synergie entre ivermectine et mébendazole
Les deux molécules ont des mécanismes d’action différents : l’ivermectine agit sur le SRA et l’importine, le mébendazole sur les microtubules. Leur association a un effet synergique dans les protocoles anticancéreux alternatifs.
Huile de nigelle (cumin noir)
La thymoquinone, principe actif de l’huile de nigelle, est également un inhibiteur du SRA. Elle peut être utilisée comme complément naturel, mais ne remplace pas l’ivermectine dans les protocoles spécifiques.
↺ Retour au sommaire🌿 Autres molécules et conseils pratiques
Oméga-3
- Les oméga-3 sont essentiels (l’organisme ne les fabrique pas).
- Rapport oméga-6/oméga-3 idéal < 4 ; dans la population générale, il est souvent de 12 à 20.
- Importants pour la muqueuse intestinale (les cellules intestinales se nourrissent d’acides gras à chaîne courte comme le butyrate).
Iode
- Essentiel pour la thyroïde : la T4 (inactive) doit être désiodée en T3 (active) par une enzyme sélénodépendante.
- L’iode est également important pour réguler le SRA et prévenir la fixation de métaux lourds sur les récepteurs thyroïdiens.
- En cas de maladie de Hashimoto, la supplémentation en iode peut nécessiter un ajustement du Lévothyrox – l’iode améliore la fonction thyroïdienne.
Sélénium
- Cofacteur des désiodases – enzymes qui convertissent la T4 en T3.
- Essentiel pour le bon fonctionnement de la thyroïde.
- Présent dans les noix du Brésil, les poissons, les œufs, l’ail.
Complexe de vitamines B
- B9 (acide folique) et B12 (cobalamine) sont particulièrement importantes.
- Un dérèglement du SRA peut entraîner une dysbiose intestinale (SIBO) qui altère la production de vitamines B par le microbiote.
- Les complexes de vitamine B sont recommandés en cas de dérèglement du SRA.
Conseils pratiques
- Vitamine D : 3000-6000 UI/jour (selon poids), avec un repas gras.
- Magnésium : 300-500 mg/jour (bisglycinate de préférence).
- Zinc : 15-25 mg/jour.
- Vitamine C : 1-2 g/jour, en plusieurs prises, idéalement avec de la liposomale.
- Oméga-3 : 1-2 g/jour d’EPA/DHA.
- Sélénium : 50-100 µg/jour.
- Iode : 150-300 µg/jour (sauf contre-indication thyroïdienne).
- NAC : 600-1200 mg/jour, en cures.
- Complexe B : une fois par jour, surtout en cas de troubles digestifs.
📚 Références scientifiques
- [1] Jean-Marc Sabatier – Directeur de recherche au CNRS, biochimie et microbiologie. [Profil]
- [2] Physiology of Vitamin D—Focusing on Disease Prevention (2024). PMC 11174958. [Lien]
- [3] 25-Hydroxyvitamin D – optimal range 40-80 ng/mL. [Lien]
- [4] The effects of vitamin D on the renin-angiotensin system (2014). PMC 3999581. [Lien]
- [5] Magnesium bisglycinate supplementation in healthy adults (2025). PMC 12412596. [Lien]
- [6] Zinc and ACE2 activity – études multiples.
- [7] Liposomal vitamin C bioavailability (2025). [Lien]
- [8] NAC and glutathione antioxidant effects – PubMed 12071352. [Lien]
- [9] Ivermectin: An Anthelmintic, an Insecticide, and Much More (2020). PMC. [Lien]
📌 Ouvrages de Jean-Marc Sabatier :
- Covid long et effets indésirables du vaccin – avec Estelle Fougère.
- Rien n’échappe à l’ARN messager – sur les vaccins à ARN messager.
- Un troisième ouvrage sur l’alimentation à paraître en septembre 2026.
