Dr. Nagib Moatassime — RPPS 10002078391
115 bd de Lamballe, 45400 Fleury-les-Aubrais
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📌 La thèse en un coup d’œil
1. La question posée
Faire progresser cinq patients — et surtout localiser où, exactement, l’attention défaille.
2. Le matériel de 1989
Un Olivetti portable, 256 Ko, deux disquettes 5 pouces ¼ et pas d’opérateur dans la pièce.
3. Les sept batteries
Onze séries par séance, chacune conçue pour éprouver une étape précise du traitement.
4. Le raisonnement
L’idée centrale : faire de chaque exercice une sonde sur un maillon de la chaîne.
5. Les trois troubles
Habituation, ralentissement précatégoriel, sélection de la réponse.
6. Ce que ça ne prouve pas
Cinq patients, pas de randomisation : les limites, énoncées franchement.
7. De 1989 à aujourd’hui
Ce que ce travail annonçait, et ce que la recherche en a fait depuis.
8. Le texte intégral
La thèse complète en PDF, telle qu’elle a été déposée.
9. Bibliographie
Les auteurs sur lesquels le raisonnement s’appuie.
📖 La page de titre
sur micro-ordinateur
Directeur de thèse : Monsieur le Professeur CHAUVET
🙏 Une dédicace, conservée telle quelle
« Au Pays qui me reçoit. Ce modeste travail n’aurait pas vu le jour sans leur soutien, leur confiance et leur tolérance. »
🎯 La question posée
Deux objectifs, dont un seul est habituel
Le premier objectif était classique : voir si dix séances d’exercices répétés pouvaient faire progresser le niveau de performance de cinq patients suivis pour schizophrénie. Le second l’était beaucoup moins, et c’est lui qui fait l’intérêt du travail : localiser les troubles de l’attention décrits dans la littérature, en comparant les résultats d’un exercice à l’autre.
Le pari intellectuel est là. Plutôt que de mesurer « l’attention » comme une grandeur unique, chaque batterie d’exercices est conçue pour solliciter une étape précise du traitement de l’information — et une seule autant que possible. Si un patient s’effondre à l’exercice qui éprouve la restitution libre mais réussit celui qui éprouve la reconnaissance, alors le trouble n’est pas dans la mémorisation : il est dans la sortie. Le diagnostic se lit dans le profil des résultats, pas dans leur niveau.
💡 Pourquoi l’ordinateur, et pas un appareillage de laboratoire
La thèse le dit en une phrase : « La technique utilisée, entièrement interactive entre le sujet et l’ordinateur, permet le recueil de données nombreuses et précises, d’une façon plus aisée et mobile qu’un appareillage de laboratoire. » En 1989, cette phrase n’était pas une évidence. Elle signifiait qu’on pouvait sortir la psychométrie fine du laboratoire pour l’amener dans un service hospitalier, avec une machine transportable — et enregistrer des temps de réaction à la milliseconde sans chronomètre ni observateur.
🖥️ Le matériel de 1989, et le protocole
Un Olivetti portable, 256 Ko, deux disquettes
Le micro-ordinateur était fourni par le laboratoire de bio-mathématiques du CHU d’Angers : un Olivetti portable de 256 Ko à double lecteur de disquettes 5 pouces ¼. Le logiciel d’exercices avait été entièrement mis au point par le Laboratoire de Biologie Théorique — je n’en étais pas l’auteur, et la thèse le précise honnêtement : sa description « ne peut donc être qu’extérieure ».
- Disquette 1 — le système. Le système d’exploitation, décrit dans la thèse comme « le maître de ballet qui répartit les ressources de l’ordinateur ».
- Disquette 2 — les exercices. Un menu proposait d’ouvrir un dossier, d’en rouvrir un ancien, de lire des résultats ou de programmer une séance.
- Disquette 3 — les données. Préparée à la première séance, elle stockait l’identité et tous les résultats du sujet. Sans elle, le programme refusait de continuer.
✅ Le détail méthodologique qui compte : l’animateur sort de la pièce
Une fois la séance programmée, « toute la suite a lieu sans l’intervention de celui-ci et de façon totalement interactive entre l’ordinateur et le sujet ». C’est un choix de méthode, pas une commodité : il supprime l’effet de l’examinateur — l’encouragement involontaire, le regard, l’impatience — qui parasite toute passation de test en face à face. La machine ne juge pas, ne soupire pas, et mesure toujours de la même façon.
Douze séances, espacées de 48 heures au minimum
Évaluation initiale au WAIS
Échelle d’intelligence de Wechsler pour adultes. Sur les onze subtests, seuls les cinq tests de performance (code, complément d’images, cubes, arrangement d’images, assemblage d’objets) et le test de mémoire des chiffres sont retenus.
Dix séances d’exercices
Une à deux heures chacune selon le niveau du patient. Onze séries par séance, avec un préambule explicatif avant chaque série, un temps de récupération entièrement laissé au sujet entre les séries, et un affichage immédiat du pourcentage de bonnes réponses et du temps de réaction moyen.
Évaluation finale au WAIS
Mêmes tests qu’à la première séance, pour mesurer l’évolution avant/après.
👥 Les cinq patients et leurs témoins
Les cinq patients étaient soignés au CHS de Mayenne, la plupart depuis plus d’un an. Quatre répondaient nettement aux critères du DSM-III ; le cinquième était un diagnostic limite. Chaque patient a été apparié à un témoin de la même tranche d’âge selon le découpage de Wechsler — avec une exception assumée et signalée dans le texte : pour un patient de la tranche 45-54 ans, faute de témoin disponible, un témoin de 56 ans a été retenu, les deux tranches donnant des valeurs voisines à la conversion en notes standards. Les résultats des témoins ont été fournis par le laboratoire de bio-mathématiques d’Angers.
🎁 La machine dit « bravo »
Un détail qui en dit long sur le soin apporté au dispositif : si le résultat d’une série dépassait un seuil minimum, « la machine gratifie son utilisateur d’un bravo » et proposait de continuer. Sinon, elle offrait le choix entre recommencer et poursuivre quand même. En 1989, c’était déjà de la conception centrée sur l’utilisateur — dans un service de psychiatrie, avec des patients pour qui l’échec répété n’est pas anodin.
🎯 Les sept batteries d’exercices
Onze séries par séance, en comptant les six de la mémoire des mots
Chaque batterie est décrite dans la thèse phase par phase. Voici ce qu’elles demandaient au sujet, et surtout ce que chacune était censée mettre à l’épreuve.
Attention visuelle 11
Un carré jaune et un rectangle sur fond noir, chacun associé à une touche « shift ». Le sujet mémorise les deux associations à son rythme, puis 20 items apparaissent à des emplacements aléatoires de l’écran ; la figure reste affichée jusqu’à la réponse.
Attention visuelle 12
Même principe, deux différences : 100 items au lieu de 20, et deux figures plus difficiles à distinguer — deux trèfles ovoïdes de même taille, l’un à quatre feuilles, l’autre à six, non nommés au départ.
Attention visuelle 2
Quatre figures géométriques apparaissent pendant 3 secondes dans des positions aléatoires. Une seule figure s’affiche ensuite au centre : le sujet dit si elle faisait partie des quatre. 80 items enchaînés sans pause.
Mémoire des mots
Six séries de 20 items, une catégorie sémantique différente à chaque fois (plantes, artistes, hommes célèbres…). 7 à 11 mots défilent à 1,5 seconde chacun, puis un texte explicatif de 10 à 25 secondes, puis 20 mots-clés à reconnaître.
Mémoire des chiffres
14 items de longueur croissante : un chiffre, puis deux, puis trois… Chaque chiffre s’affiche 1,5 seconde, sans intervalle. Le sujet doit tout restituer au pavé numérique, dans l’ordre direct et intégralement, pour que la réponse compte.
Mémoire visuelle
Six figures géométriques disposées en cercle, exposées 15 à 20 secondes — le temps de mémorisation le plus long de toutes les batteries. Puis 80 items présentés par groupes de quatre, une figure fléchée à la fois.
🔍 La finesse du dispositif : une seule variable change à la fois
Comparez AV11 et AV12 : même tâche, même réponse binaire, même liberté de mémorisation — seul le nombre d’items change (20 contre 100), plus la difficulté de discrimination. Comparez MC et MM : matériel différent, mais surtout mode de réponse différent, libre contre binaire. C’est ce contrôle des variables, exercice par exercice, qui permet d’attribuer un écart de performance à un mécanisme précis plutôt qu’à « l’attention » en général.
🧠 Le modèle : une chaîne, et une sonde par maillon
De l’image rétinienne à la réponse motrice
La deuxième partie de la thèse expose le modèle informationnel de l’attention et de la mémoire tel qu’il était formulé à la fin des années 1980 : l’information entre dans un registre sensoriel très bref, l’icône, subit un premier traitement précatégoriel — avant toute reconnaissance de sens —, franchit un filtre d’entrée qui sélectionne le pertinent, se stocke en mémoire à court terme, et ressort par un filtre de sortie qui sélectionne la réponse. Chaque batterie a été rapportée à un maillon de cette chaîne.
🧩 Le raisonnement en une phrase
Si le patient réussit AV11 mais chute à AV12, le problème est dans l’automatisation, pas dans la discrimination. S’il reconnaît bien des mots mais s’effondre à la restitution de chiffres dans l’ordre, le problème est à la sortie, pas à l’entrée. Le diagnostic se lit dans les écarts entre exercices — c’est cette logique différentielle qui fait la valeur du travail.
📊 Les résultats : un profil, pas un score
Cinq couples, dix séances chacun, cinquante séances d’exercices
Le résultat marquant n’est pas que les patients aient été globalement moins performants — c’est que leur position par rapport aux témoins change de sens selon l’exercice. C’est ce renversement qui permet de localiser le trouble.
| Exercice | Position des patients | Interprétation retenue |
|---|---|---|
| AV11 et AV12 | Au-dessus des témoins, mais avec une inversion : les témoins font mieux en AV12 qu’en AV11, les patients l’inverse | Trouble de l’automaticité du traitement précatégoriel — l’habituation ne se fait pas |
| AV2 | Bascule : pour la première fois en dessous des témoins | Ralentissement du traitement précatégoriel, ou trouble du traitement lui-même |
| MM 1-6 | L’écart se creuse nettement au profit des témoins | Même ralentissement, sur matériel sémantique — plus l’effet négatif du délai interposé |
| MC | Effondrement, le plus marqué de toutes les batteries | Trouble du filtre de sortie : le rappel libre est atteint là où la reconnaissance était préservée |
| MV | À nouveau supérieurs aux témoins | Filtre d’entrée non déficitaire — peut-être même un excès de filtrage, que le format de l’exercice avantage |
Les trois troubles retrouvés
🔁 Trouble de l’habituation
- Un stimulus répété n’entraîne pas de modification intégrative entre la première et la n-ième présentation
- Rapporté par Leroy et coll. sur 30 schizophrènes et 53 témoins
- C’est ce qui explique l’inversion entre AV11 et AV12
🐢 Ralentissement précatégoriel
- L’effet de masque survient dès 300 ms chez les patients, contre 200 ms chez les témoins (Saccuzzo)
- Les temps de réaction mesurés ici — 350 à 400 ms sur les meilleures séances — se situent précisément autour de ce seuil
- D’où une limite intrinsèque à leur progression : au-delà, les items adjacents se masquent entre eux
🚪 Insuffisance de la sélection de la réponse
C’est le résultat le plus net. La reconnaissance est préservée — les items sont disponibles — mais la restitution libre s’effondre. Bauman (1976), sur 24 schizophrènes et 24 témoins, concluait déjà que « la capacité de reconnaissance des schizophrènes est intacte », que ces patients sont plus sensibles aux interférences de sortie qu’à celles d’entrée, et que répondre de façon sérielle est en soi une source d’interférence. Mialet notait de son côté que « la majorité des auteurs pense que les difficultés majeures des schizophrènes sont des difficultés de sélection de la réponse, qui paraissent associées à un excès de filtrage à l’entrée plutôt qu’à un défaut de ce dernier ».
✅ Une observation méthodologique qui a bien vieilli
Tous les sujets ont amélioré leur score à tous les exercices, et tous ont augmenté leur score au WAIS entre la première et la dernière séance — mais les différences de profil entre exercices ont subsisté. C’est précisément ce qui donne du poids à la moyenne des dix séances : elle devient indépendante des variations d’une séance à l’autre. Et la thèse note que, relativement aux exercices, le WAIS sous-évaluait les capacités des patients par rapport aux témoins — parce qu’il ne prend pas le temps de réaction de choix comme donnée centrale.
⚖️ Ce que ce travail ne prouve pas
Les limites, telles qu’elles se lisent aujourd’hui
Une thèse de médecine n’est pas un essai clinique, et celle-ci ne prétend pas l’être. Sa conclusion est d’ailleurs explicitement prudente sur le premier objectif : les patients ont progressé, « sans qu’il soit possible néanmoins de cerner la qualité de cette progression et surtout sa portée ». Cette réserve, écrite en 1989, est la bonne. Elle mérite d’être détaillée.
🚫 Les limites de méthode
- Cinq patients. Aucune inférence statistique n’est possible ; il s’agit d’une série de cas appariés.
- Pas de randomisation ni de groupe sans exercices : impossible de distinguer l’effet des exercices de l’effet de la simple répétition des tests.
- Le WAIS passé deux fois à quelques semaines d’intervalle progresse mécaniquement par effet d’apprentissage du test. La hausse observée ne peut pas être attribuée aux exercices.
- Témoins non testés par l’auteur : leurs résultats venaient du laboratoire, et un appariement d’âge n’est pas un appariement sur le niveau d’études ou le traitement.
- Un diagnostic limite sur cinq, signalé dans le texte.
- Effet des neuroleptiques non contrôlé ici — la thèse cite les travaux qui l’ont écarté ailleurs, et notaient plutôt un effet améliorant.
✅ Ce qui tient malgré tout
- Le profil différentiel entre exercices est cohérent chez les cinq patients, et il reproduit ce que la littérature décrivait indépendamment.
- La dissociation reconnaissance / rappel libre est un résultat robuste, retrouvé depuis dans de nombreux travaux.
- La méthode — passation automatisée, sans examinateur, avec enregistrement des temps de réaction — était juste, et c’est devenue la norme.
- La critique du WAIS comme outil trop grossier pour ces patients était pertinente : les batteries cognitives spécifiques l’ont supplanté.
⚠️ Un mot sur le vocabulaire
Le texte de 1989 parle de « malades » et de « schizophrènes » ; les critères invoqués sont ceux du DSM-III. Le vocabulaire clinique a changé depuis — on dit aujourd’hui « personnes vivant avec une schizophrénie » — et les critères ont été révisés à trois reprises. Les termes du document original ont été conservés dans les citations, par fidélité au texte, sans qu’ils reflètent l’usage recommandé aujourd’hui.
🧭 De 1989 à aujourd’hui
Ce que la thèse anticipait, et ce qui en est advenu
Le dernier chapitre, intitulé « Élargissements », propose deux prolongements. Les deux ont été explorés depuis, largement, par d’autres.
| Proposé en 1989 | Ce qu’en a fait la recherche |
|---|---|
| Adapter ces exercices pour juger de l’efficacité des traitements et de la qualité des rémissions, avec traitement automatique et complet des données | C’est devenu un champ à part entière : les batteries cognitives informatisées sont aujourd’hui des critères d’évaluation standard dans les essais en psychiatrie |
| Un instrument qui donnerait « plus d’indications spécifiques que les tests classiques du type WAIS, car il prend en compte le temps de réaction de choix comme donnée centrale » | Exactement la logique des batteries cognitives modernes, où la latence de réponse est une variable au même titre que l’exactitude |
| S’intéresser aux sujets à risque — apparentés du premier degré — puisque certains troubles de l’attention et de la poursuite oculaire seraient indépendants de la médication et du stade de la maladie | C’est devenu le paradigme des endophénotypes et des états mentaux à risque, un des axes majeurs de la recherche en psychiatrie depuis les années 2000 |
| Un entraînement répété sur ordinateur pour faire progresser les performances | C’est la remédiation cognitive informatisée, aujourd’hui recommandée en complément du traitement dans la schizophrénie — avec un débat toujours vif sur le transfert des gains à la vie quotidienne, exactement la réserve formulée en 1989 |
La thèse
Exercices d’attention interactifs sur micro-ordinateur, à propos de cinq schizophrènes. Université d’Angers, sous la direction du Pr Chauvet.
Le logiciel AVICIEL
Conception et déploiement en cabinet d’un système de gestion médicale intégrée : dossier patient, ordonnances, planning, statistiques, facturation.
Documents médicaux sécurisés
Premiers systèmes d’ordonnances et de certificats authentifiés par QR Code, vérifiables par le pharmacien ou l’employeur.
La téléconsultation et l’IA
Mise en service de la téléconsultation et d’un assistant de pré-consultation pour l’orientation des patients.
L’IA médicale ouverte à tous
Un assistant gratuit et sans inscription. Trente-sept ans après la thèse, la même idée : l’ordinateur comme interlocuteur patient, qui ne juge pas et mesure toujours de la même façon.
🔗 Le fil conducteur
Ce qui relie ces quarante ans n’est pas la technologie, qui a changé trois fois de génération. C’est une conviction formée en 1989 devant un Olivetti de 256 Ko : la machine n’a pas à remplacer le médecin, elle doit lui donner ce qu’il ne peut pas obtenir autrement — une mesure identique à chaque fois, une patience sans limite, et la trace écrite de tout ce qui s’est passé.
📥 Lire la thèse en entier
Exercices d’attention sur micro-ordinateur
à propos de cinq schizophrènes — Université d’Angers, 1989
Texte intégral, tel qu’il a été déposé et soutenu
Le plan complet du document
| Partie | Contenu | Pages |
|---|---|---|
| Introduction | La question posée et l’organisation du travail | 1 |
| 1re partie | La schizophrénie : critères diagnostiques, aspects cliniques et thérapeutiques | 2 à 5 |
| 2e partie | Attention, mémoire et apprentissage : comportement attentif, tri et sélection des informations, modèles sémantique, informationnels et cybernétiques, apprentissage perceptif et verbal | 6 à 18 |
| 3e partie | Méthode : recrutement, protocole, matériel, logiciel, description des sept batteries d’exercices | 19 à 26 |
| 4e partie | Résultats : mode d’exploitation, puis les cinq couples patient/témoin, chacun avec son observation clinique et ses commentaires | 27 à 63 |
| Discussion | Recrutement, rappel des mécanismes de l’attention, analyse exercice par exercice, évolution sur dix séances, élargissements | 64 à 80 |
| Conclusion | Les trois troubles localisés | 81 |
| Bibliographie | 19 références | — |
📄 Pour aller directement à l’essentiel
- Page 70 — la figure récapitulative : moyennes et écarts types des deux groupes à chaque type d’exercice. C’est la figure qui porte tout le raisonnement.
- Pages 68 à 79 — l’analyse exercice par exercice, en trois temps à chaque fois : ce que l’exercice éprouve, les résultats, la discussion avec la littérature.
- Pages 31 à 62 — les cinq observations cliniques et les résultats détaillés, couple par couple.
- Page 81 — la conclusion, en une page.
❓ Quelques questions
💻 Avez-vous écrit le logiciel vous-même ?▼
Non, et la thèse le dit clairement : les deux disquettes avaient été entièrement mises au point par le Laboratoire de Biologie Théorique de la faculté de médecine d’Angers, sans que j’intervienne dans leur élaboration. Mon travail a porté sur la conception du protocole, la passation des cinquante séances, l’analyse différentielle des résultats et leur confrontation à la littérature. Le premier logiciel médical que j’ai conçu et programmé moi-même est AVICIEL, l’année suivante.
🎯 Pourquoi seulement cinq patients ?▼
Parce que chaque patient représentait douze séances d’une à deux heures, espacées de 48 heures minimum, en service hospitalier — soit une vingtaine d’heures de passation par sujet, plus le recrutement et l’analyse. Pour une thèse de doctorat menée seule, cinq patients et cinquante séances d’exercices étaient déjà un volume considérable. C’est aussi ce qui en limite la portée statistique, et le travail ne le cache pas.
🧠 Ce sujet a-t-il un rapport avec votre pratique actuelle ?▼
Directement, non : j’exerce la médecine générale, pas la psychiatrie. Indirectement, oui, et complètement. Cette thèse portait sur l’usage d’un ordinateur comme instrument de mesure et d’interaction en médecine, à une époque où le dossier patient était encore un carton. Tout ce que j’ai développé depuis — logiciel de cabinet, documents sécurisés, téléconsultation, assistant IA — procède de la même question.
📚 Le contenu scientifique est-il encore valable ?▼
Le modèle de traitement de l’information utilisé ici — icône, traitement précatégoriel, filtres d’entrée et de sortie, mémoire à court terme — a été remplacé depuis par des modèles plus élaborés, notamment ceux de la mémoire de travail. En revanche, la dissociation entre reconnaissance préservée et rappel libre altéré, et le ralentissement du traitement précoce de l’information, restent des observations solides dans la schizophrénie. Le document doit être lu pour ce qu’il est : un travail de 1989, avec l’état des connaissances de 1989.
🔐 Les patients sont-ils identifiables ?▼
Non. Les cinq patients apparaissent sous forme de couples numérotés de 1 à 5, avec des observations cliniques résumées et anonymes, conformément aux règles de publication d’une thèse de médecine. Aucun élément nominatif n’y figure.
📚 La bibliographie de la thèse
Dix-neuf références, dont voici les principales — celles sur lesquelles repose l’interprétation des résultats. La liste complète figure en fin de document.
- Mialet JP. — Les travaux de référence sur l’attention dans la schizophrénie, cités tout au long de la discussion : effet de masque, délai préparatoire, filtres d’entrée et de sortie.
- Holzman PS. (1987) — Revue des études de psychophysiologie de la schizophrénie : dysfonction des attentions automatique et contrôlée, troubles de la poursuite oculaire.
- Braff D, Saccuzzo D. (1982) — L’effet de masque : les différences entre patients et témoins deviennent significatives en dessous de 500 ms.
- Bauman E. (1976) — Mémorisation de chiffres chez 24 schizophrènes et 24 témoins, en distinguant les processus d’entrée et de récupération : la reconnaissance est intacte, la sensibilité aux interférences de sortie est majorée.
- Clayton Culver L, Kunen S, Zinkgraf S. (1986) — Patterns of recall in schizophrenics and normal subjects, The Journal of Nervous and Mental Disease, vol. 174 n° 10, p. 620-623.
- Marshall (1973) — La tâche de tri de cartes : les performances se dégradent plus vite quand on augmente le nombre de catégories de tri.
- Hemsley D. (1976) — Revue des recherches sur les filtres d’entrée et de sortie, en faveur d’un défaut de sélection de la réponse.
- Dykes M, McGhie A. (1976) — A comparative study of attentional strategies of schizophrenic and highly creative normal subjects, British Journal of Psychiatry, 128, p. 50-56.
- Ehrlich S. (1975) — Apprentissage et mémoire chez l’homme, Paris, PUF, 340 p.
- Wechsler D. (1970) — Échelle d’intelligence de Wechsler pour adultes, Paris, Centre de psychologie appliquée, 111 p.
- Calhoun JF, Moss RA. (1981) — The role of level of functioning in the modification of psychological deficit in schizophrenics, Journal of Psychiatric Research, vol. 16 n° 1.
- Gambini O, Cazzullo CL, Scarone S. (1986) — Interpretation of abnormal responses to quality extinction test in schizophrenia, Journal of Neurology, Neurosurgery and Psychiatry, p. 997-1001.
À lire également sur ce site : autres sujets, l’IA médicale gratuite et la téléconsultation.
📄 La thèse, en un clic
Quatre-vingt-une pages écrites en 1989 sur une idée simple : faire de l’ordinateur un instrument de mesure clinique. Le texte intégral est en libre accès.
📥 Télécharger le PDFUniversité d’Angers · soutenue le 16 mars 1989 · 81 pages
